Nous sommes partis trois jours en février, le temps d'un week-end, du vendredi matin au dimanche soir à Bruxelles. C'était la première fois que je mettais les pieds en Belgique. Je ne partais avec aucun aprioris, mais plutôt avec des images imaginées. N'ayant jamais vue la belle de mes propres yeux, je m'en tenais aux clichés des clips de Roméo Elvis ou encore de reportages lors des tueries de Molenbeek en 2016. Une ville aux airs de banlieue, aux couleurs sombres, ternies. Cependant, elle m'intriguait..


Après deux heures et demi de train, nous arrivons à la Gare du Midi de Bruxelles, placée en dehors de la ville. Notre Airbnb n'est qu'à dix minutes, situé dans le quartier des Marolles. C'est une longue et large rue grise que je découvre dès notre sortie de la gare, aux buildings et hôtels trop modernes l'entourant. Cela ressemble alors à la première image que je m'étais faite de la ville.. et pourtant, quelque chose m'attire, au loin, derrière ce rempart séparant Saint-Gilles de Bruxelles.

Passé le périph, on rentre alors dans la ville. Les bâtiments sont sombres, ternis, oui, mais il y a quelque chose de beau là dedans et de bien différent de cette première image que j'avais eue. Adieu immeubles made-in La Défense, place à un tout autre style : rien est pareil. Indescriptible. Leurs architectures, leurs couleurs plus vraies que nature m'interpellent. Plus on avance, plus certaines bâtisses offrent un éventail de teintes, rose, violet, orange, bleu.. parmi le noir forgé par l'humidité et le gris de l'ancienneté. J'y aperçois un mélange de rues de Londres avec leurs escaliers dès le parvis, mais aussi certaines de Paris et pourtant, rien de comparable dans l'ensemble. Quelques mètres plus loin, c'est de nouveau un autre style de façades qui se jettent à nos yeux et entre en scène, puis un autre et un autre.. Tout se mélange, ensemble, et cela ne ressemble à aucun autre endroit. La ville nous plonge alors dans un espace temps intemporel, jusqu'à en oublier tous les décors que j'avais pu imaginer.



J'ai eu peur de ne pas avoir assez de temps pour visiter la ville en un week-end, mais Bruxelles peut se faire entièrement à pied, en deux à trois jour, si vous voulez vraiment prendre le temps de tout explorer. Dès notre arrivée le midi, nous avons arpenté notre quartier et ses alentours avant de rejoindre l'appartement, en contournant soigneusement la Grand Place, laissant alors cette découverte du centre historique et ses lieux incontournables éclairés dans la nuit noire par les lumières du festival Bright Brussels, pour notre première soirée de Saint Valentin. Le reste du week-end, nous avons parcouru tout l'Est de la ville, repassant ensuite par le centre, alors de jour et presque méconnaissable de la veille, pour finir par explorer l'Ouest et une partie du Nord de Bruxelles. Chaque fois, nous empruntions de nouveaux chemins, de nouvelles rues, jusqu'à connaitre par coeur la ville et la découvrir de fond en comble.

Il existe 9 quartiers dans Bruxelles et chacun a ses spécificités, son style : Marolles, Les Sablons, Royal, Liberté, Marais-Jacqmin, Centre, Midi-Limonier, Senne et Quais.


LE QUARTIER MAROLLES
Un village bohème à l'atmosphère pittoresque.

Marolles est le quartier le plus populaire de Bruxelles, avide de liberté, qui lui confère cette ambiance villageoise si particulière où la foule touristique n'ose y déambuler. Lieu de chinerie, il dispose en son centre plusieurs petites et longues rues ainsi qu'une place particulière, où s'éparpillent magasins de vêtements bon marché, bistroquets et restaurants (a)typiques, antiquaires, marchés, puces.. dont on ne pourrait plus dater la création tant ils font partie du paysage depuis des décennies. Aujourd'hui, on y voit aussi des Concept Stores et bails vegan en tout genre, ajoutés à ce même paysage. Autour du centre du quartier s'entremêlent restaurants turques et japonais, petites rues paisibles et logements à la fois modernes et anciens, mélangeant espaces bruts, immeubles en bois ou bétonnés et maisons colorées en pierres dans un melting pot à coupé le souffle. Un quartier authentique, piteux à l'atmosphère pittoresque.

♟ Quelles rues faire ?  Les rues les plus populaires où se dissimulent les pépites du quartier sont la rue des Renards (la plus colorée), la rue Blaes (la plus arty), la rue Haute (la plus old school et la plus ancienne du quartier) et la rue des Tanneurs (la plus bobo), qui se trouvent tout autour de la Place du Jeu de Balle. Parsemées de petites terrasses agréables et de mets attirants, vous y découvrirez aussi de jolies choses telles que des objets vintages, parfois loufoques, jusqu'au derniers livres introuvables, meubles art déco "in" et vaisselles colorées aux styles explosifs.

♨ Où manger ?  La plupart des bons restaurants que nous avons vu sont très concentrés sur la rue des RenardsAlain FaytLa BrocanteRestobières.. n'hésitez pas à voguez autour de la Place du Jeu de Balle, ce petit mignon village regorge de bonnes adresses dissimulées un peu partout.




J'ai adoré me balader dans ces rues, tant Marolles est surprenant. À première vue, c'est vrai que parfois, le quartier semble sensible et tend vers une image peu recommandable dans certaines rues. Je m'explique : le jour de notre arrivée à l'appartement, en fin d'après-midi, nous étions effectivement un peu sur nos gardes. On redoutait d'être tombés dans un quartier mal famé, du fait d'une interprétation qui paraissait subjective sur le moment, en regardant quelques comportements de gens autour de nous et quelques déchets qui gisaient par terre. Pourtant, quelques heures plus tard, lorsque nous sommes sorti pour découvrir la ville de nuit et boire un verre, en rentrant, minuit passé, l'atmosphère que lui confère ses rues est d'un tout autre genre. Je me suis sentie en sécurité et je n'ai plus ressenti ce que j'avais vu quelques heures auparavant. Au contraire, j'ai même adoré ce moment et voguer dans ces jolies rues aux pavés désordonnés. Le soir, le quartier est silencieux, il n'y a pas un chat. Mais il est paisible, romantique, pacifique et serein. Quant au jour, c'est encore un tout autre décor différent : en ouvrant la porte, je crois que nous avons même été choqués, tant l'image que nous nous étions faite à notre arrivée, dans cette même rue, a encore différée. Les bobos ont pris d'assaut les trottoirs, avec leurs caddies remplit de poireaux et salades, des passants aux styles rocambolesques longent les boutiques à la recherche de pépites, des écoliers sortent de leur dernière matinée fêtant le week-end, une multitudes de vélos s'arraches les barrières posées au sol..




En marchand parmi ces petites rues, qui encerclent toute la place très prisée du quartier, la Place du Jeu de Balle, nous sommes tombés sur un marché enclavé dans un bâtiment forgé de blasons inscrits dans la pierre, aux noms de plusieurs villes européennes tout le long, où plusieurs personnes s'attardaient avant d'entrer discrètement sous un porche.

Le Marché Bio

Sur la rue des Tanneurs se trouve un marché bio, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 16h/19h suivant les jours. Étalés sur le même trottoir, à partir du numéro 58, vous découvrirez une panoplie de commerces bio : une épicerie vendant des produits emballés ainsi que des objets, l'entrée du marché pour y faire ses courses, puis une boutique de plantes et enfin une boulangerie.

La Place du Jeu de Balle

Créée en 1853, elle était destinée au jeu de balle pelote, une pratique très prisée à Bruxelles au XXème siècle. En 1873, on y transfère son célèbre Vieux-Marché, établit jusqu'à lors Place Anneessens, aujourd'hui vu plus comme un marché aux puces. Dès l'aube, à 6h du matin, la place se rempli de vendeurs proposant bibelots, antiquités, livres, cartes postales et objets en tout genre tels que des robinets ou encore des tringles à rideaux, jusqu'à 14h et ce, tous les jours de la semaine. Personnellement, nous n'avons rien acheté, mais nous avons beaucoup apprécié nous balader entre les différentes tables et y découvrir toutes sortes de choses rocambolesques, de la vaisselle en argent.. aux masques africains et poupées vaudous flippantes. Il y a de tout mais beaucoup de jolies choses et objets que je n'avais même jamais vu auparavant. Vous pourriez y avoir un coup de coeur, il faut juste prendre le temps de chiner ;)





♟ Quelles rues faire ?  Nous avons ensuite pris la rue des Minimes, vers le Palais de Justice un peu plus loin, où se situe l'Ascenseur de Marolles, que vous pouvez prendre gratuitement et en face de la Place Poelaert qui abrite une oeuvre d'art particulière, qui vous emmènera dans les airs, du moins sur quelques mètres.

En avançant, la rue change, se vide, je remarque une nouvelle atmosphère mais surtout une nouvelle architecture. Peu à peu, elle ouvre sur un nouveau quartier de Bruxelles, véritable paradoxe des Marolles : le quartier des Sablons. Le changement visuel s'opère dès l'approche de l'ascenseur, où galeries d'arts très chics en tout genre se chevauchent continuellement le long des deux côtés de la rue. L'élévateur qui mène des Marolles au pied du Palais de justice semble alors illustrer la notion d’ascenseur social : un peu comme s’il séparait le quartier populaire des pontes bruxellois du monde judiciaire.


Les Marolles, c'est donc la continuité du Sablon, zone archi-huppée de la capitale qui, je trouve, est progressivement désertée, tant il faut dépenser une fortune dans un ballotin de pralines ou un thé glacé. Mais ce qui nous a frappé, c'est le nombre de petits commerces de proximité dans les rues des Marolles fermés. Et quand je dis fermés, c'est qu'ils ont mis la clé sous la porte. Et ce qui est flagrant, à l'inverse, c'est que des commerces plus huppés ont commencé à éclore ici et là. « Ce qu'il se passe dans les Marolles c'est un peu l'inverse d'autres quartiers bruxellois. Les commerçants sont de moins en moins d'origine étrangère comme c'était le cas avant et de plus en plus belgo-belges. Les boucheries halals deviennent des cafés branchés », explique Amin Hamri, qui y a passé les douze premières années de sa vie. Derrière, d'autres commerçants ouvrent de nouveaux petits établissements où pancartes « cupcakes, quiches maisons, brownies » fusent. Des descriptions qui pourrait donner l'impression d'un énième endroit bobo, mais il n'en est rien : certains choisissent alors de pratiquer des prix raisonnables qui correspondent à la moyenne du quartier. À noter que depuis quelques années, les loyers ont énormément augmentés.


Le Quartier Sablons
entre galeries d'art et antiquaires chics.

Sous ses airs aristocratiques, il demeure le quartier le plus chic et raffiné de Bruxelles. Souvent choisi par les expatriés ou les bruxellois aisés, il arbore en lui des façades d'immeubles du XVIIème et XVIIIème siècles jusqu'aux majestueux hôtels particuliers, sans oublier ses fameux artisans chocolatiers où s'érigent truffes, pralines et autres délices. Je pense que c'est un quartier à visiter, d'une part pour ce qu'il regorge en son centre mais d'autre part, pour se rendre compte des différentes atmosphères que Bruxelles a. Le quartier est tranquille, même ses commerçants et ses passants sont différents de ce que nous avions pu voir jusqu'à l'instant. Le temps est comme arrêté, on prend alors le temps de marcher, de regarder, de s'assoir à une terrasse. On n'entend ni les gens, ni les voitures. Juste le vent. Et c'est agréable.

♟ Quelles rues faire ?  Dans ce quartier, tout est plus au moins recentré côté activités : le mieux est de visiter chacune des rues qui part du petit rond point, telles que la rue Rollebeek, la rue Joseph Stevens, la rue Lebeau et la Place du Grand Sablon, en évitant la rue de la Paille où il n'y a rien.

♨ Où manger ?  De merveilleux petits restaurants et cantines se situent rue Rollebeek, tels que l'Estrille du Vieux Bruxelles, Peï & Meï, C'est Bon C'est Belge, Le Rabassier, ainsi qu'en descendant la rue Joseph Stevens, entre cette dernière et le début de la rue Haute : nous avons d'ailleurs adoré déjeuner chez La Dolce Mia, un excellent restaurant italien où les pâtes et lasagnes valent clairement le détour, installé rue Haute, une rue dont j'ai déjà parlé et qui se termine jusqu'aux Marolles.

Le Musée Juif de Belgique

Au bout de la rue des Minimes se trouve le Musée Juif de Belgique, qui rassemble une vaste collection d'objets de tradition juive provenant essentiellement d'Europe, d'Asie et d'Afrique, dont les plus anciens remontent au XVIIIème siècle. Cet établissement porte un regard novateur à travers des expositions et des activités, dont l’objectif est de promouvoir la connaissance et la compréhension de l’histoire, de la religion et des cultures juives.
Pour 7 à 10 euros, vous avez accès à toutes les expositions en cours.
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.


Passé le portillon de sécurité, nous découvrons un jolie cour cachée où la lumière claire et son coin calme donnent envie de s'y assoir, le temps d'un instant, pour la contempler.


Nous avons pu voir quatre expositions présentes, dont deux que j'ai beaucoup appréciées : Tradition qui invitait les spectateurs à découvrir les rites et les célébrations qui rythment l'année juive, dans des décors retracés et des objets expliqués, et Superheroes Never Die, entre bande dessinées et tumultes de l'Histoire.



À travers plus de 200 oeuvres, l’exposition Superheroes Never Die. Comics and Jewish Memories raconte comment la bande dessinée américaine s’entremêle, depuis ses débuts et jusqu’à aujourd’hui, aux tumultes de l’Histoire. Car, peu de gens le savent, mais de nombreux créateurs de super-héros nés au XXème siècle sont juifs : The Avengers, Superman, Captain America ou encore Spider-Man ont été imaginés par des auteurs et dessinateurs dont les familles avaient récemment immigré aux États-Unis.

Fuyant l’oppression, à la poursuite du rêve américain, une première génération d’immigrés juifs débarquent à New York au début du XXème siècle et expriment le choc des cultures et leurs difficultés à s’intégrer dans des cartoons publiés dans la presse. Après la grande dépression de 1929 et face à la montée du fascisme en Europe, une seconde génération d’immigrés juifs, si soucieux de s’intégrer qu’ils dissimulent souvent leurs patronymes aux consonances étrangères, se fascine pour l’univers naissant des Comics et donnent naissance aux plus célèbres super-héros : Batman, Superman, Captain America ou Spiderman.. Et près d’un siècle plus tard, ces super-héros restent des figures centrales de nos cultures contemporaines. Mais si les causes qu’ils défendent ont changées, les questions d’identité et d’intégration, déjà abordées dans les années 1930, s’y lisent encore.




Par la suite, nous arrivons en plein centre des Sablons, sur ce fameux petit rond point qui dessert plusieurs rues et une longue place, où plusieurs bars à terrasses sont disposés tout le tour. Voici donc le coeur du quartier..

La Place du Grand Sablon

Centre du quartier des antiquaires et cernée par d'anciennes maisons de maître, elle offre une atmosphère très chic et audacieuse. Entre chocolatiers d'exceptions, galeries d'art luxueuses, Showroom somptueux de meubles et Flagships mode prestigieux tels que celui de Christian Louboutin sur ses côtés, elle regorge en son milieu une oeuvre, la fontaine de Minerve, érigée en 1751, qui témoigne de la gratitude de Lord Bruce, comte d'Aylesbury et pair d'Angleterre, pour l'hospitalité qu'il reçut à Bruxelles. Entre, se noient quelques bars à bières dans leurs demeures typiques, donnant un air un peu plus hospitalier et vivant au quartier. C'est un des lieux les plus raffiné et les plus élégant de Bruxelles. Tout en haut de cette place, réside l'Eglise Notre Dame du Sablon et son joli petit Square du Petit Sablon, caché derrière.





Au sud ouest du rond point, se trouve la rue Joseph Stevens, menant à l'Eglise Notre Dame de la Chapelle. Elle fait partie des rues formant la liaisons entre les quartiers des Marolles et des Sablons et relie ainsi la Place du Grand Sablon à celle de La Chapelle. À mi-chemin de la rue, un retrait en demi-lune formant une mini-place, la Place Emile Vandervelde, conserve les plus jolies maisons de la rue, dans un style éclectique néo-Renaissance flamande et art nouveau.


De retour sur le rond point de la place, nous avons ensuite pris la petit rue pavée qui remonte vers le Centre, la rue Rollebeek, bien trop mignonne à mon goût tant son charme par ses couleurs et son architectures vous appelle de loin. Nous y avons découvert plusieurs restaurants et galeries d'arts aux styles modernes alliant antiquités et art japonais voir grecs, installés dans des structures remontant au XVIème siècle où se succèdent des maisons bourgeoises de l'époque moderne en briques, comme celles aux n° 7 et 9, dont leur façade épouse merveilleusement la courbe de la rue. De mon côté, j'ai eu un coup de coeur particulier pour la Galerie Anna 4 Art Gallery et la Galerie 7/1 aux vitrines tellement instagramables.. haha !



Parallèle à celle-ci, se trouve la rue Lebeau qui forme un art de cercle sur sa longueur et qui nous dirige lentement vers un nouveau quartier tinté de Musées, le Quartier Royal.


Le Quartier Royal
Un quartier d'affaires aux bijoux royaux.

C'est le quartier de Bruxelles le plus important d'un point de vue tant politique qu’artistique. Quartier de Palais, de musées, d'ambassades et de banques, il compte très peu d'habitants (quelques centaines) malgré sa superficie importante. Siège du pouvoir de Bruxelles depuis un millénaire, il demeure un modèle de l'urbanisme du Siècle des Lumières. Le quartier Royal n'est de loin pas le plus attractif. Oui, il concentre à lui seul une multitude de musées à découvrir, mais derrière, on y trouve presque aucun restaurant, aucune boutique, sauf peut être quelques antiquaires et galeries d'art installés sur de minces parcelles d'immeubles pris d'assaut par des banques et hôtels tels que le Hilton. Rien de typique, rien de vivant. Des rues interminables tant elles se ressemblent, par leurs grandes portes vitrées, leurs halls déserts et leurs étages démultipliés dans un gris brillant et cette odeur de travaux qui couche le long des trottoirs. Figé dans le temps, entre modernisme imbibé d'un quartier d'affaires et architectures d'un temps royaliste, il demeure un espace sage et silencieux où seuls musées et parcs paraissent intéressant à explorer.

♟ Quelles rues faire ?  Il n'y a pas spécialement de rues à faire, mais plutôt deux espaces : celui du Mont des Arts et celui de la Place Royale.

En arrivant par la rue Lebeau, nous tombons sur la Bibliothèque Royale, qui offre un rooftop secret dissimulant un bar mais surtout un potager, avec un panorama de la ville. Derrière, nous découvrons ensuite à 360° une immense allée montante surprenante : Le Mont des Arts.

Le Mont Des Arts

Le Mont des Arts est une sorte de colline formant un très large complexe urbanistique comprenant la Bibliothèque Royale de Belgique, les Archives Générales du Royaume, le Centre de Congrès Square et un jardin créé par l'architecte paysagiste René Pechère. Placé en contre bas de la place Royale, c'est une sorte Montmartre qui dessert les plus beaux joyaux royaux de Bruxelles, en offrant un large panorama sur la Grande Place et les alentours de la ville.



En remontant l'allée du Mont des Arts, nous tombons sur un épicentre artistique : tout autour de nous se dressent de majestueux monuments abritant une multitudes d'oeuvres : le Musée des Instruments de Belgique, le Palais des Beaux-Arts (Bozar) et les Musées Royaux des Beaux-Arts.

Les Musées Royaux des Beaux-Arts

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique conservent la plus importante collection d’arts plastiques du pays. Ce sont 20.000 œuvres et six musées : Les Musées OldMastersMagritteFin-de-SiècleModerne et les maisons-ateliers Wiertz et Meunier, qui racontent l'Histoire du XVème au XXIème siècle, à travers la peinture, la sculpture ou le dessin. En entrant, nous avons découvert un immense hall abritant des oeuvres en exposition permanente, qui dessert plusieurs entrées menant chacune à un musée.. ainsi qu'une queue de plus d'une heure pour accéder au Musée Magritte et sa dernière exposition. NB/ Il est d'important de prendre ses billets avant car il est souvent complet très vite.



Le Musée Magritte, de loin le plus sympa pour ma part et ancré dans le surréalisme, rassemble la plus importante collection au monde de l’artiste belge, René Magritte : plus de 230 œuvres et archives y sont présentées. Divisé en trois étages, où chacun d’entre eux est dédié à une période différente, les salles présentent à la fois des tableaux, des gouaches, des dessins, des sculptures, des objets peints mais aussi des affiches publicitaires, des partitions de musique, des photographies et des films. Le Musée contient également la collection la plus importante de la période « vache » de l’artiste. Le parcours de la visite commence au troisième étage avec les débuts de l’artiste, présentant une époque d’apprentissage durant laquelle Magritte a testé différents styles : expressionnisme, pop-art, art conceptuel. Au deuxième étage se trouvent des œuvres de la période moins connue de l’artiste avec des œuvres qu’il a réalisées à Bruxelles durant la guerre. Enfin, au premier étage, sont exposées ses œuvres les plus réputées, telles que Shéhérazade ou L’Empire des Lumières.

Depuis le 11 octobre 2019 se tenait une exposition exceptionnelle qui réunissait pour la première fois les célèbres peintres surréalistes René Magritte et Salvador Dalí afin de fêter conjointement les 90 ans de leur rencontre, mais aussi et surtout le 10ème anniversaire du Musée Magritte.

Dalí et Magritte s’attachent à défier le réel, à questionner notre regard et à bousculer nos certitudes. Car en effet, le Catalan et le Belge témoignent d’une fascinante proximité, malgré des créations et des personnalités bien différentes qui les amèneront finalement à s’éloigner. L’exposition, qui a terminée lors de notre dernier jour, ce 16 février 2020, révélait alors leurs liens personnels mais aussi philosophiques et esthétiques, à travers plus de 100 peintures, sculptures, photographies, dessins, films et pièces d'archives.



En sortant, nous tombons sur la Place Royale, aux airs d'une petite Vendôme, qui offre un centre névralgique du quartier des arts de la ville de Bruxelles. Dominée par l'Eglise Saint-Jacques-sur-Coudenberg, d'une architecture remarquable et incroyable tant elle ressemble à un édifice de justice, elle arbore en son centre la statue de Godefroy de Bouillon. Marchant doucement vers le gigantesque Parc de Bruxelles, nous découvrons alors avec enchantement une petite surprise, garée sur le bas côté et bien cachée du tumulte de l'hypercentre..

Les meilleures gaufres liégoises : les waffles


Dans sa petite camionnette aux couleurs criantes, Pascalino and Fils, propose des gaufres à tomber par terre à 2 euros la pièce. Une merveille.. loin des attrapes-touristes de la Grande Place. Le sucre caramélisé à l'intérieur rend à lui seul la gourmandise succulente.

Le Parc de Bruxelles

Anciennement appelé Parc Royal et classé au Patrimoine de la ville depuis 1971, il s'érige sur plus de 11 hectares. Il n'a rien d'extraordinaire mais il fut le premier parc public de Bruxelles et abrite en son centre un très joli kiosque à musique intact aux dorures somptueuses en fonte ornée de 12 cotés, datant de 1841. Crée par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, à qui on doit entre autres les galeries royales Saint-Hubert et le Conservatoire Royal de Musique, il est destiné à abriter les festivités nationales.



Nous avons décidé de ne pas (plus) explorer le Quartier Liberté, situé juste au dessus, n'ayant rien vu de très sensationnel en remontant plus haut dans le Nord de Bruxelles. En descendant cette fois-ci le Mont des Arts, nous arrivons alors dans le coeur de la ville, le Quartier Centre.


Le Quartier Centre
un espace plus touristique que typique.

C'est le quartier le plus touristique, puisque le plus connu et vu et revu dans tous les blogs parlant de Bruxelles. C'est ici que se trouvent les statues qui ont font aussi sa renommée : les Pisseurs. Noir de monde h24, il préserve néanmoins quelques adresses sympathiques parmi les attrapes touristes qui pour moi pullulent le long de chaque rues, aujourd'hui..

En descendant par la rue de la Madeleine, qui se rempli de piétons petit à petit et marque le passage au quartier touristique, nous arrivons sur une petite place présidée par la rue du Marché aux Herbes. Ici, de chaque côté des rues qui avoisinent et s'enfoncent dans ce quartier, se trouvent des restaurants et vendeurs de gaufres ainsi que des boutiques souvenirs tenues par des Pakistanais, qu'on retrouve à Paris, à Barcelone ou encore à Londres, avec ces mêmes cendriers colorés de monuments, mugs drapés d'insignes de la ville et minis porte-clés métalliques. Nous y avons même vu une sorte de galerie commerçante en leurs noms, l'Agora Gallerij, autant vous dire que c'est du délire, un vrai souk. Je vous rassure, parmi toute cette esclandre se trouve aussi de petites pépites. Juste à côté, par exemple, se trouve la rue des Esperonniers, où se situe une très belle découverte, cachée entre deux salons de massages asiatiques : une boutique de bougies artisanales aux formes particulières et vraiment jolies : Brussels Candles.

Martelé chaque jour par une foule de touristes internationaux, l'hyper-centre de Bruxelles ressemble plus aujourd'hui à un grand n'importe quoi vous poussant à tout prix à acheter des souvenirs de la ville.. en oubliant ce pourquoi elle en fait sa renommée. D'un côté, on retrouve toutes les marques de mode, de l'autre, ces innombrables boutiques souvenirs en cartons, avec ces restaurants où aguicheurs publicitaires vous interpellent sans cesse, avec, au milieu éparpillés, quelques délices cachés, tels que des chocolatiers, bars à bières ou artisans, encore eux présents.

En continuant dans ces petites rues commerçantes, cherchant désespérément de l'authenticité, nous arrivons sur la Grand'Place, explorée de nuit la veille..

La Grand Place

La Grand'Place est à la fois le joyau et le coeur de la capitale belge. Elle est bordée par des traditionnelles maisons des corporations, dont les façades rivalisent de beauté. Comme son nom l'indique, elle est vraiment grande et on se sent tout petit au milieu, devant cette architecture qui nous protège dans l'émerveillement et le rêve.





J'ai préféré de loin la place de nuit, lors du festival Bright Brussels, elle est étrangement calme même si peuplée de monde. En fait, on ne voit pas les autres, on est alors plongés dans le noir avec autour de nous ces illuminations qui font place au silence des autres par la contemplation.


Tout autour de la place, j'ai vu des gens se jeter dans plusieurs restaurants et bars se disant typiques, aménagés en bas de chaque façade. Oui, vos papilles gustatives seront maintes fois sollicitées à chaque coin de rues entourant la Grand'Place, que ce soit de manière olfactive ou visuellement. Mais attention, ce ne sont souvent pas les meilleures adresses de la ville..

MANGER DES FRITES, DU CHOCOLAT ET DES GAUFRES DANS LE CENTRE

♨ Où manger ?  Côté frites belges, il faut éviter les kebabs et chercher les foodtrucks qui ne font que des frites. Personnellement, je ne suis pas fan du goût des frites belges, cuitent dans de la graisse de boeuf. Ca me fait penser à des frites qui ont trempées par inadvertance dans un plat proposé avec de la viande, vous savez, les deux trois frites qui ont imbibé la viande car elles étaient trop près trop longtemps d'elle dans l'assiette. En discutant avec plusieurs amis belges et par ce que nous avons essayé, je ne peux que vous dire de tester Fritland (49 rue Henri Maus) déjà acquiescé par ses riverains, Manneken Frite (30 rue du Midi), la Friterie du Café Georgette (37 rue de la Fourche) et Friture Pitta de la Chapelle (25 rue Haute).

Côté gaufres,


Vous verrez plusieurs fois un peu partout dans le centre ce genre de vendeurs,
disposant leurs gaufres avec leurs accessoirisations culinaires.


En remontant vers le haut de la Grand Place, nous tombons sur le célèbre Delirium Café, où se trouve discrètement, au bout de la rue en sens-unique, la Jeanneke Pis.

Le Delirium Café et son village

Réputé pour l'étendue de sa carte de bières et niché dans une impasse, ce village est composé de 8 bars dont l'espace principal se situe au fond. Ce lieu incontournable de Bruxelles, à l'esprit taverne et sur plusieurs étages, propose une ambiance décontractée quoiqu'un peu turbulente et bruyante. Au sous-sol de ce dernier, vous retrouverez cet esprit taverne avec le Delirium Café, chaleureux et rouge où tonneaux de bières servent de tablées. À l'étage principal, lui plus étendu, vous trouverez le Delirium Taphouse : cela ressemble plus à n'importe quel bar à bières artisanal. Enfin, à l'étage au dessus se trouve un espace plus aéré avec une petite terrasse ouverte, à l'esprit bien plus moderne, le Delirium Happy Loft. Autour, dans l'impasse, se trouvent les cinq autres bars du village, tous avec un concept différent, comme l'univers des temples Aztèques avec la téquila ou un portant sur le rhum ou encore l'absinthe..



Personnellement, j'ai préféré d'autres bars à ceux du village Delirium, trop touristes à mon goût. Le cadre n'est pas ce que je recherchais et cela me faisait penser à un mélange de cave ancienne dans un style hipster qui me fait fuir. Certes, on y goûte pleins de bières différentes, et oui, c'est à faire rien que pour le concept et pour découvrir de nouvelles bières, mais derrière, je trouve le lieu oppressant où étudiants en classe verte et touristes en tout genre viennent se retrouver pour s'instagramer et beugler, ensemble.

Boire des bières dans le centre : les bars

J'ai clairement préféré les petits bars sans prétention, loin de la foule touristique concentrée, à l'atmosphère vraie et sans chichi, avec leurs terrasse aérées et leurs vues sur les rues pavés face à d'autres bars et autres tablées, comme ceux sur la rue des Brasseurs et des rues adjacentes. En se baladant, cherchant alors ce type de bars pour nous poser un instant et savourer ces vacances, nous sommes tombés sur cette rue qui abrite tout autour plusieurs bars belges, où les serveurs sont bien plus sympas qu'ailleurs.. comme Au Brasseurs ou au Golden Bar.


En remontant tout au nord du quartier Centre, nous tombons sur un passage aux teintes dorées qui brille de mille feu. Cela me fait tout de suite penser aux galeries parisiennes, mais dans un style lui, bien plus éclectique.

Les Galeries Royales Saint-Hubert

Construites en 1847 et oeuvres de l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, elles ont été les premières galeries commerçantes d’Europe et conservent aujourd’hui encore toute leur élégance. Lieu de promenade à la mode et de rendez-vous des peintres et des écrivains de l’époque, ces galeries combinait magasins de luxe, salles de spectacles, élégants cafés, restaurants et appartements. Dès le départ, elles ont attiré un large public séduit par cette luxure de culture et rapidement, ces lieux deviennent le point de rencontre de l'intelligentsia bruxelloise : Victor Hugo, Alexandre Dumas ou Charles Baudelaire.. L'ensemble se composent de trois galeries qui rendent hommage à la famille royale : les galeries de la Reine, les galeries du Roi et les galeries des Princes, avec des façades de style renaissance et une verrière incroyable. Inspirée des passages parisiens, mais leur donnant une nouvelle échelle, c'est aujourd'hui encore le lieu de nombreux magasins luxueux proposant confiseries ou encore maroquinerie comme la maison Delvaux..


En redescendant au sud du quartier Centre, passant par la Place de La Bourse qui n'a rien de très fou (cela ressemble plus à un Oxford Street), nous prenons alors la rue du Midi qui offre plusieurs petits commerces loin du tumulte et qui amène au Pisseur le plus connu, le Manneken Pis.

Manneken Pis

Symbole de Bruxelles et connu dans le monde entier, cette mini statue incarne l'insouciance et la résistance bruxelloises. Bon, c'est une jolie fontaine avec un petit de 58 cm, qui, lors d'occasions spéciales, est déguisé. Le cadre est surtout très beau le soir où elle est éclairée par un lampadaire dans la nuit noire.


Par la suite, nous nous dirigeons vers l'Ouest du quartier Centre. Nous découvrons alors un côté du quartier très sympathique, étudiant peut être, où plusieurs bars sont disposés avec des terrasses décorés de lampions colorés : la Place Saint-Géry. J'ai trouvé ça très beau, calme le jour mais surement très animé le soir. J'avais même des paillettes dans les yeux en imaginant ce qu'il donnerait le soir, tant les décors et les rues étaient sympas et donnaient le ton.

Les Halles Saint-Géry

Au milieu de cette place se trouve un ancien marché couvert, qui ressemble beaucoup au Pavillon Baltard en France. Proposant des mini coins salons un peu partout en son centre, il arbore plusieurs plantes et arbres offrant un café et bar hors du temps. Au sous-sol, dans ses caves voutées, se trouve un club caché ouvrant la nuit. Espace vivant et d'expositions, il offre aussi des conférences, des concerts et autres performances.


En se dirigeant toujours vers l'Ouest de Bruxelles, nous arrivons dans un nouveau quartier, le Quartier Senne.


Le Quartier Senne
Le quartier universitaire.

En raison bien entendu du fait que la rivière le traversait, ce quartier reste très agréable pour se promener, certes il n'y a rien de très fou, mais ces rues sont silencieuses et bordées de petites boutiques, commerçants bio et marques pointues, le tout, dans un décor architectural que j'ai beaucoup aimé, aux airs londonien.

♟ Quelles rues faire ?  Il y a plusieurs espaces à découvrir pour moi dans ce quartier, la Place du Jardin aux Fleurs, la rue des Chartreux, la rue du Vieux Marché aux Grains, la Place du Nouveau Marché aux Grains et la rue Antoine Dansaert, véritable vitrine de jeunes stylistes et créateurs de mode belges.

Zinneke Pis

Het-Zinneken ou Zinneke Pis est une sculpture de bronze de Tom Frantzen qui représente un chien en train d'uriner contre une borne et installée depuis 1999 à l’angle de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux Marché aux Grains.


Nous finissons la visite de la ville par le dernier quartier de Bruxelles, le quartier Quai.


Le Quartier Quai
Entre poissons et crustacés, un ancien bassin maraîcher

jj

♟ Quelles rues faire ?  la rue Léon Lepage

L'Eglise Sainte-Catherine

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Le Marché aux Poissons
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