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On recherchait dans l’Hexagone avec une copine une destination encore jamais faite pour cinq jours, loin du hit-parade de l’été où toute la populasse se donne rendez-vous, bref, une évasion « coupure » sur un weekend prolongé. On avait en idée un petit village Français sympa à découvrir, aux senteurs provençales ou languedociennes, où le soleil nous ferait de l’œil en plein mois d’août, à travers un jardin où l’on aurait disposé nos serviettes, créant cette brillance sur les reflets de l’eau d’une piscine, non loin de nous, par sa réverbération.


Pour cette petite escapade, n’étant pas véhiculées, nous cherchions donc à être près à la fois d’une gare mais tout aussi du centre-ville pour faciliter nos déplacements, désirant un lieu ensoleillé et chaud où il ne risque pas de pleuvoir, ainsi qu’un village ou petite ville historique à visiter aux décors guère remplacés par des immeubles modernes style station balnéaire, mais offrant une architecture pittoresque et rocailleuse, fleurie telle une carte postale.

L’idée nous prenant fin juillet pour partir sur la semaine du 15 aout, peu de locations restaient encore disponibles. En explorant via Google Maps les deux régions qui nous promettaient du soleil et en évitant les lieux plébiscités par les sites de locations familiales à l’ancienne où les locations se font du samedi au samedi dans des résidences prônant alors un séjour que je voyais déjà de très loin : « torses nus en ville, marots qui crient et vendeurs de glaces sur la plage à foison = beaufland nous guète », nous nous sommes d'avantage intéressées à des villes telles que Carcassonne, Béziers, Orange, Avignon, Grasse ou encore Nîmes. On apercevait alors dans notre esprit ce fameux petit village fleuri, historique et dans les terres que l’on recherchait, ainsi que cette escapade tant imaginée. Mais très vite, les villes affichent complet et les seules locations qui restent, lorsqu’il en reste, sont très excentrées des centres-villes, sans moyens de transports pour nous y amener et donc se déplacer. Seule solution pour trouver notre séjour pépite imaginé, explorer un nouvel item inédit :
« les chambres privées » sur Airbnb. 

Sur le moment, je reste sceptique, mais alors.. très sceptique. Dans ma tête, je revois tous les films d’horreur que j’ai emmagasiné depuis ma tendre enfance, commençant à sortir tout l'attirail tel une liste avec bulletpoints de ce qui pourrait se cacher derrière ces annonces, à la « Welcome Home » de George Ratliff, si vous voyez le genre.. Quelques recherches approfondies plus tard avec ce nouveau mode de logement et sur ces mêmes villes (et convaincue, me disant que cela reste un expérience et puisqu'il n'y a pas d'autres choix), là même encore, il ne reste que peu de locations libres. Mais les plus jolies et les plus sympas se situent à Avignon, qui nous semble alors parfaite, faisant déjà alors partie de nos préférences du début. La ville offre en effet de nombreuses découvertes en termes de visites et la météo y est attirante, ne laissant pas place à de mauvaises surprises que le mois d’août cache souvent si bien.

Trois maisons correspondent. Sur les trois messages envoyés, deux me répondent le soir même que les locations sont bien libres et que c'est ok. Cependant, un flot de questions me tiraillent, moi n’ayant jamais fait de chambre privée, comment cela fonctionne-t-il ? Ne voyant pas de photographies de la cuisine par exemple, comment je fais mon café le matin ? Comment peut-on se faire à manger ? A-t-on accès à une cuisine, à un frigidaire.. ?
Et là, c’est le drame. Un des deux premiers propriétaires me répond que nous n’avons ni accès à la cuisine et à ses équipements, ni encore à un espace pour manger et que par conséquent il faudra manger à l’extérieur matin, midi et soir. L’autre, placé à 10 minutes en bus du centre-ville dans un quartier-village voisin, me répond quasiment la même chose, mis à part qu’un petit frigo est installé dans la chambre et que nous pouvons disposer de leur cour privatisée à la chambre pour manger, en plus du jardin, à condition de ramener assiettes, couverts etc. Ça paraissait à la rigueur plus faisable que l’autre, quoiqu’un peu camping sur les bords quand même : parfait pour un weekend dépaysant mais pour cinq jours, ça nous paraissait légèrement contraignant. Bon ok, c’était le café qui m’omnibulait et je n’ai pas de cafetière à piston. On commençait de nouveau à être un peu défaitistes car l’escapade qu’on imaginait, même lorsqu’on trouvait de nouvelles solutions face aux coups, apparaissait à chaque fois avec nouveaux « hics » qui l’a rendait alors de plus en plus loin de ce qu’on avait espéré. Le truc, c’est qu’on s’était fixé un budget et qu’on n’avait pas envie de dépenser des milles et des cents pour une escapade « coupure » qui rimait plus avec campagne et petites visites qu’Ibiza et soirées fiesta. Mettre plus par exemple que le séjour entier à Barcelone qui suivait, c’était juste inconcevable. On commençait à revoir notre destination vers la Bretagne et la Normandie.. je crois qu’une larme mentale à coulé dans mon esprit en pensant à nos peaux écarlates et on voyant les maximales à 19. Le lendemain, j'ai reçu une réponse de la dernière et troisième location. Tout de suite, je pose les questions fatidiques. De là, on allait aviser. C’est alors que la chose la plus improbable et inespérée nous a refaite rêver : le couple me répond qu’il y a à disposition dans les commodités prévues en plus de la chambre, une cuisine équipée et un salon et qu’on est donc pas cantonnées à la chambre, en plus du magnifique jardin de 600 m2 avec piscine, mais petite perle ajoutée, qu’ils ne seront pas là pendant la durée notre séjour, seulement pour nous donner les clés et qu’on peut alors disposer du jardin etc en toute tranquillité, et tout ça, pour le prix d’une chambre privée. Autant vous dire qu'on a booké la location en 5 secondes.

En fait, l'item chambre privée sur Airbnb est un mélange entre les chambres d'hôtes façon gites de France, qui proposent ici parfois le petit déjeuné moyennant argent, et un genre de colocation. Certains ne proposent que la chambre avec parfois une salle de bain privative (et un jardin s'il y en a) et vous n'avez alors accès à rien d'autre, d'autres offrent en plus de la chambre, des espaces communs : comme une cuisine, un salon..





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Pour découvrir Avignon, nous avons séparé la ville en trois parties : le Centre, l'Ouest et l'Est, qui demeurent des quartiers bien distincts.

Le Quartier Centre d'Avignon

Pour le visiter, nous avons démarré du bas, c'est à dire à l'entrée principale de la ville où est placée la Gare d'Avignon Centre, en prenant et montant la rue Cours Jean Jaurès. Arrivées tout en haut d'Avignon, nous redescendions par le côté droit du quartier centre, non exploré en amont. En d'autres termes, nous faisions la partie gauche du centre en remontant la ville, puis la partie droite du centre en redescendant.

Le premier lieu que nous rencontrons est l'Office du Tourisme qui chevauche le Temple Saint Martial (servant de temple protestant mais aussi de théâtre lors du Festival), placés tout deux dans le joli Square Agricol Perdiguer. En le traversant, nous sommes tombées sur l'Église des Célestins située sur la Place Des Corps Saints, où se dessine une multitude d'affiches et de flyers de pièces de théâtre accrochés tels des banderoles, autour et au dessus des tables de cafés et restaurants, qui forment ensemble une ambiance chaleureuse et festive tant les couleurs sont vives.

En reprenant la rue centrale, qui devient alors la rue de la République, nous croisons le Musée Lapidaire dont les collections sont essentiellement architecturales et archéologiques (les collections permanentes sont ouvertes au public et gratuites). On y trouve des objets d'antiquités Grecques, Romaines, Paléo-Chrétiennes et Étrusques tels que des objets d'arts ou encore des pierres gravées. Arrivées en haut de la rue, surplombées de boutiques peu dépaysantes comme l'Occitane, Orange, André, la Fnac ou encore Nespresso, nous découvrons un endroit quelque peu caché dans une petite ruelle sur la droite, formant une mini place nommée Place Louis le Cardonnel : le Palais du Roure.

Le Palais du Roure

Ancien Hôtel de Baroncelli-Javon, un hôtel particulier construit au XVème siècle, ce lieu est aujourd'hui transformé en musée, présentant une demeure au style gothique remanié et consacrée à la Provence. Étalées sur un étage majestueux et un escalier somptueux, les collections s'affichent et demeurent comme si rien n'avait été bougé. La cour intérieure, elle, où se disputent plusieurs cloches éparpillées dont l'ancienne propriétaire Jeanne de Flandreysy faisait collection, est silencieuse, à l'abri des regards, mais est surtout un joyau architectural tant les couleurs sont flamboyantes, maitrisées par les rayons du soleil.
L'entrée est gratuite sans audioguide, de 10h à 18h.
Fermé le lundi, le dimanche et les jours fériés.




En haut de la rue de la République, se trouve la Place de l'Horloge, où dansent dans un rythme effrénés, touristes et restaurateurs. Je pense d'ailleurs que c'est l'emplacement le plus touristique de la ville, souvent représenté par son manège en carrousel. La journée, il y a plusieurs stands disposés tels un marché d'artisans, mais guère vraiment artisanal (seuls les tableaux à la rigueur). La plupart des commerçants présents vendent des bijoux de créateurs - puisqu'on y voit souvent une marque/nom déposés - cependant, d'une table à l'autre, ce sont les mêmes.. Je crois qu'il y en avait un seul, qui derrière sa table, faisait en live ses créations en bois et en métaux.

Au dessus de la place, se situe une seconde grande et prestigieuse place gardant en son fort, l'élément essentiel de la ville : le Palais des Papes. De l'autre côté de la place, dans les petites rues adjacentes, se dissimulent la rue de la Balance et la rue de la Grande Fusterie, où se mêlent petites boutiques de souvenirs souvent cotées par de la lavande. En arrivant petit à petit sur la place qui abrite le Palais des Papes, nous sommes tombés sur une Procession publique qui défilait à l'occasion de l'Assomption.

Le Palais Des Papes

C'est le symbole du rayonnement de l’église sur l’Occident Chrétien au XIVème siècle et ce monument constitue le plus important palais gothique de l'Occident (avec 15 000 m2 de plancher, soit en volume 4 cathédrales gothiques). Parmi les lieux à visiter, vous y verrez les appartements privés du pape et leurs fabuleux décors de fresques exécutés par l’artiste italien Matteo Giovannetti, les jardins.. ainsi que la vue depuis les remparts de la forteresse. Vu d'en bas, il parait démesuré, tant il faut y lever la tête pour l'apercevoir à chaque coin de rues, de quoi donner le vertige.. NB: il y a souvent beaucoup de queue, privilégiez le matin.
L'entrée est à 10 euros (tarif réduit) et 12 euros (tarif normal).
Ouvert tous les jours, de 9h à 20h en été.





Passé le Palais des Papes et en montant les marches sur le chemin de la Montée des Canons, nous découvrons la jolie et immense cathédrale Notre Dame des Doms d'Avignon qui domine toute la place par son élévation.

Notre Dame des Doms

Église-mère et bâtie au XIIe, la cathédrale abrite des cérémonies importantes (canonisation de Célestin V, Bertrand de Comminges, couronnement d'Innocent VI) lorsque la papauté s'installe. L'intérieur et les décors soulignent la finesse d’un édifice mêlant avec harmonie architecture romane, gothique et baroque (nef romane, chapelles gothiques et balcon baroque aux angelots et feuilles d’acanthe richement sculptés). Quant à l'imposante statue en plomb doré de la Vierge, perchée sur son clocher, elle fut érigée en 1859 et pèse 4 tonnes et demi.




En continuant de monter après la cathédrale, se dresse devant nous un escalier partant de deux côtés amenant sur un immense rocher habillé d'un jardin qui surplombe alors la ville entière, le Rhône et ses alentours : le Rocher des Doms. Pour découvrir ses hauteurs, le plus sympa est d'y monter par les escaliers Sainte-Anne : des escaliers presque cachés dans une petite rue du même nom, plongés dans le vert au bas puis s'élançant tel un tye-and-dye vers le jaune Provence tout en haut. Ces escaliers sont accessibles par la Promenade des Papes, elle aussi d'ailleurs très belle et à faire - pour redescendre par exemple tranquillement par la montée Jean XXII qui arrive sur la place du Palais des Papes.

Le Rocher Des Doms

Comme expliqué, il y a plusieurs chemins pour y monter : 4 au total. Nous avons donc pris les escaliers Sainte-Anne, eux, plus sportifs. Arrivées tout en haut, nous avons découvert un immense panorama à 360 degrés. Au centre, se trouve un jardin à l'anglaise, arboré d'une fontaine inscrite dans la roche et d'un bassin entouré de bancs où se prélassent poissons et canards. Cette énorme masse faite de calcaire prônant une falaise de 30 mètres de haut, servait de protection pour la ville lors de sa construction et offrait un abri précieux lors des caprices du fleuve. Elle fut aussi le berceau de la ville. Tout en haut, se trouve les ceps de la Vigne des Papes, un petit clos recréé en 1997 : 900 m2 pour 554 pieds de vigne, avec des souches de cépages provenant aussi bien du Nord que du Sud de la vallée. Un choix qui permet de respecter l’harmonie des cépages rhodaniens mais aussi d’offrir une palette chromatique et aromatique unique, véritable vitrine pédagogique sur le terroir.








En descendant du jardin et du rocher par la même occasion, nous avons pris les escaliers de la Porte du Rocher afin d'accéder au Pont d'Avignon. Pour descendre rejoindre la rive et marcher le long du fleuve jusqu'au Pont, vous pouvez aussi prendre les escaliers du Rochers des Doms un peu plus au centre/nord du jardin.

Le Pont D'Avignon (et les Remparts)

Le Pont Saint-Bénézet, ou Pont d'Avignon, est lui, l'élément le plus connu mondialement de la ville. C'est d'ailleurs ici que l'accès aux Remparts se fait : avant l'entrée du Pont se situe une zone d'accueil, le passage est sur l'un des deux côtés. Édifié à partir du XIIème siècle, il reliait autrefois les deux rives du Rhône : au Moyen Âge, il s'intègre sur l'un des plus importants itinéraires de pèlerinage entre l'Italie et l'Espagne. Avant le pont, on traversait alors le Rhône en barque, mais ce fleuve que l'homme n'avait pas encore domestiqué, rendait la traversée quelquefois périlleuse. Le pont est détruit en partie en 1226 après le siège d'Avignon par le roi de France Louis VIII, mais il est rapidement reconstruit. Maintes fois réparé, l'entretien du pont devient onéreux pour les habitants d'Avignon et il est finalement abandonné quelques siècles après sa construction aux crues destructrices du Rhône. Monument emblématique du territoire, il ne conserve aujourd’hui que 4 arches sur les 22 d’origine.
L'entrée est à 4 euros (tarif réduit) et 5 euros (tarif normal).
Ouvert tous les jours, de 9h à 20h l'été.






Les visites du quartier gauche du centre maintenant faites, nous nous dirigeons alors vers la partie droite encore non explorée. En redescendent, direction l'hyper-centre, nous avons pris la rue de Banasterie nous amenant sur la Place Saint-Pierre présidée par sa Basilique Saint-Pierre d'Avignon.

La Basilique Saint-Pierre

La première chose que l'on voit, après la grandeur de l'édifice, sont ses portes en noyer massif hautes de 4 mètres, sculptées par Antoine Volard en 1551. À l'intérieur, la beauté de l'architecture vous frappe et donne le ton, comme ce tapis du Choeur du XIXème siècle, installé en hauteur, donnant un aperçu des années de travail accomplies et de la précision du détail qu'englobe toute cette église.





En face, se trouve la Place Carnot adjacente à la Place Jerusalem où demeure la Synagogue d'Avignon. Encore après, toujours côte à côte, se trouve alors la Place Saint-Jean-Le-Vieux et sa Tour Saint-Jean, qui me fait un peu penser à la Tour Saint-Jacques à Paris, seule restante, parmi la ville reconstruite. Enfin, en angle droit, se trouve la fameuse Place Pie et son grand marché très apprécié : les Halles d'Avignon, un lieu incontournable pour les fins gourmets, ouvert jusqu'à 13h (fermé le lundi), qui réunit vins, charcuteries, fruits et légumes, poissons, fromages, olives et épices. À noter que tous les mardis et les jeudis, de 9h à 16h, s'établie une brocante sur cette place où l'on peut chiner appareil photo, cartes postales, vinyls, meubles et tableaux.. Autour, se situe de très bons restaurants, comme Chez Mimmo, un italien rue du Chapeau Rouge et Mamma Corsica, rue Saint-Jean-le-Vieux, pour les spécialités Corses dans des assiettes bien remplies.

La Tour Saint-Jean

C'est le seul vestige restant de la Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean-De-Jerusalem, un ordre religieux et militaire. Dotée d'un cadran en 1860, elle se compose de 4 étages, mais en comptait un de plus autrefois.


Nous arrivons alors sur la rue du Vieux-Sextier qui ouvre sur l'Hyper-Centre de la ville, là où toutes les boutiques et restaurants s'entremêlent parmi le flux de touristes déambulant. De par sa proximité avec la Place de l'Horloge, vous l'aurez bien compris, c'est un espace très touristique (voir attrape-touristes). Nous avons dîné un soir au restaurant D'Ici et D'Ailleursrue Galante : un très bon restaurant, même si le décors ne payent pas trop de mine, mais comptez 19 euros le tartare et 45 minutes d'attente. C'était quand même une belle soirée, mais en marchant un autre jour dans les rues plus loin et donc excentrées du ramdam touristique, on a découvert une multitude de petits restaurants cachés aux décors romanesques et aux cartes alléchantes prônant pour le même prix, un menu entrée plat dessert.. Sachez donc vous déplacer un peu partout, sans vous cantonner là où tous le monde va, vous y découvrirez de jolies rues pavés loin du brouhaha, avec parfois, de petites surprises dissimulées telles que La Cuisine du Dimanche, rue de la Bonneterie ou encore Fou de Fafa et le restaurant Avenio, tout deux rue des Trois Faucons.

Le Centre-Ville (hypercentre)

Ici, plusieurs petites rues commerçantes s'entrecroisent : la rue du Vieux Sextier, la rue des Marchands, la rue de la Bonneterie, la rue Rouge, la rue Piot et la rue des Fourbisseurs. Petit à petit, elles amènent à la Place de la Principale, une toute petite place avec un café et un restaurant. Bon, on ne va pas se le cacher, ces jolies petites rues, quand même très charmantes et imprégnées d'un voyage médiéval, abritent quelque peu une standardisation qu'on aurait voulu éviter de prime abord : on y trouve les mêmes boutiques qu'à Paris ou ailleurs, à coups de Micromania, Foot Locker, Pandora, Promod, Mellow Yellow.. Je note que j'ai vu aussi une flambée de boutiques de comics. On aurait préféré voir des boutiques artisanales, ou encore de créateurs et pas retrouver un Rivoli caché sous un déguisement pittoresque.

En longeant toutes ces petites rues, s'éloignant peu à peu des plus connues, nous découvrons ce petit Avignon, tiraillé entre une âme moyenâgeuse et provençale, là où bâtisses beiges ensoleillées aux reflets marrons ombragés sont couchées sur leur lit de pavés bruts.



Pour retrouver cet état plus sincère et naturel que l'on recherchait, un tant soit peu sur les commerces proposés, il faut quitter cet espace concentré en tourisme, vers le bas. En descendant la rue des Fourbisseurs, où est disposé une panoplie de tournesols dans les airs, remplaçant alors l'oeuvre des parapluies, nous arrivons sur la Place Saint-Didier où est érigée l'Église Saint Didier. Nous nous sommes installées au Grand Café Baretta pour prendre un verre, un café-restaurant très provençal par sa terrasse ombragée dominant la place et son calme avenant. Devant, se trouve la rue des Trois Faucons : c'est davantage ici que nous avons trouvé de jolies petites boutiques, loin des grosses usines, avec la rue des Fourbisseurs, elle ancrée dans un style de boutiques plus nomade.

Le centre d'Avignon maintenant fait, nous allions explorer l'Ouest. Un quartier offrant un décor différent, moins bohème.


Le Quartier Ouest d'Avignon

Pour y arriver, nous avons pris la rue Saint-Agricol, près de la Place de l'Horloge et comblée de Liu Jo, de The Kooples et j'en passe. Tout de suite, elle donne le ton. En effet, ce quartier est le plus chic d'Avignon. Ici, vous ne trouverez que des belles marques, toujours internationales : Mauboussin, Kusmi Tea, Elizabeth Stuart, Zadig et Voltaire, Cotélac, Darel, Vilebrequin, AM, Comptoir des Cotonniers, Sandro, Maje.. bref, toute la clique. Un Saint-Germain-Des-Prés, quoique peut être plus un Saint-Sulpice. Il y a deux rues principales qui forment ce quartier, la rue Saint-Agricol et la rue Joseph Vernet et toutes deux pareilles : commerçantes. Ici, pas de restaurants, mais que des marques. Plutôt pas mal pour les habitants, qui n'ont alors pas à partir très loin pour faire du shopping en ne se rendant pas dans un affreux Centre-Commercial coupé de toute âme.

Sur la rue Joseph Vernet se trouvent deux musées : le Musée Calvet (musée des Beaux-Arts et d'Archéologie), logé dans un hôtel particulier classé du XVIIIème siècle et présentant des peintures, des sculptures, des dessins et des objets d'arts premiers ou encore décoratifs, eux, venus d'Asie, d'Islam ou encore d'Egypte, et le Musée Requien (ou musée d'histoire naturelle), riche en collections d'animaux, d'insectes et de fossiles, roches et minéraux. Tout deux proposent une entrée libre aux collections permanentes.

L'Église Saint-Agricol

C'est la plus ancienne église de la ville et elle a été fondée en 680. Sa façade, quant à elle, date du XVème siècle, avec des statues forgées par le sculpteur lorrain Ferrier Bernard. Celles-ci représentent la Vierge agenouillée en compagnie de Dieu qui lui envoie le Saint-Esprit. Dédiée à Agricol, 40ème évêque et Saint-Patron d'Avignon qu'on invoquait particulièrement dans les cas de grandes sécheresses, l'intérieur est malheureusement aujourd'hui très pauvre : l’église ayant été dépouillée. On a alors du mal à voir la grandeur et la beauté passée. Il reste néanmoins la tombe de Saint-Agricol et quelques beaux objets dans certaines chapelles. Le plus beau restant le parvis et la façade extérieure.



En prenant la rue Folco de Baroncelli, nous découvrons alors un petit paradis caché, loin du tumulte des passants et près des Remparts : la Place Crillon. Sur celle-ci ce trouve plusieurs cafés-restaurants. Nous étions au bar et restaurant La Scène pour prendre un verre, mais il paraitrait que ce dernier n'est pas le meilleur côté restauration même si les plats sont quand même très alléchants visuellement. Préférez Le Crillon, juste à côté.

La Place Crillon

Anciennement nommée Place de la Comédie, cette place est très prisée les soirs d'été, notamment pendant la période du Festival. Elle a des airs d'Aix-en-Provence, par ces longues tablées étalées parmi les arbres et sa fontaine au cliquetant d'eau délicieux.



Pour finir, nous nous dirigeons vers le dernier quartier restant : l'Est. Très peu visité j'ai l'impression, il est donc d'avantage plus calme. On y voit les riverains et quelques touristes s'avançant dans le centre depuis l'entrée Est qu'ils ont pris.


Le Quartier Est d'Avignon

Ce quartier est plus populaire, on y voit pas l'ombre d'un touriste. La rue principale au nord est la rue Carnot qui se transforme en rue Carreterie avec sa Place des Carmes et son pittoresque marché aux fleurs le samedi matin. Ici, ce sont des petites superettes, de la restauration rapide et des bars de quartiers qui ont pris les rues silencieuses mais vivantes. Il n'y a pas de magasins ou très peu, surtout des petits commerçants : bottiers, antiquités et galeries d'arts, serruriers, coiffeurs, immobilier, pharmacie, opticiens et quelques glaciers.. On y trouve néanmoins de très bons restaurants, cachés dans les petites rues presque non visibles et adjacentes, tels que Chez Marie, 4 rue Louis Pasteur.

C'est ici aussi que ce trouve en majorité les Universités d'Avignon. Il y a aussi le Musée du Mont-de-Piété et de la Condition des Soies. Au sud, se trouve une petite pépite : la rue des Teinturiers (dite aussi, rue des Roues).

La rue des Teinturiers

Pavée de galets de la Durance, elle part des remparts et suit doucement la Sorgue jusqu'au croisement de la rue des Lices. En marchant, on sent tout de suite la fraicheur émanant du canal ombragé où 4 roues à aubes sont disposées tout le long. La rivière, dont le courant est assez fort, permettait d'actionner des métiers à tisser : ces roues étant reliées à des mécanismes souterrains qui actionnaient et accéléraient, comme pour un moulin, la cadence des métiers à tisser installés dans les maisons disposées le long. En effet, cette rue était le centre d'industries textiles dès le XVème siècle et connu son apogée au XVIIème siècle, quand elle était l'activité économique principale de la ville. La fabrication d'indiennes, des tissus imprimés en coton aux motifs vivement colorés encore fabriqués en Provence (originellement importés des Indes, la Provence les a rapidement imités, tant et si bien qu’ils sont devenus un vrai symbole de la région), fut interdite car les villes de Nîmes et de Lyon craignaient alors la concurrence. Celle-ci reprit après la Révolution avant de disparaître à la fin du XIXème siècle.



Dans cette magnifique petite rue, malheureusement beaucoup taguée aujourd'hui, se situent plein de petites boutiques artisanales, tristement fermées au mois d'août pour la plupart. Cependant, une multitude de très bons restaurants restent encore ouverts pour passer un moment calme, à l'ombre et dans la fraicheur. Parmi les plus belles cartes : la Cave Des Pas Sages, l'Offset, Le Chapelier Toque, Le Zinzolin, Art'e Gusto et Le Lapin Blanc, lui caché tout en haut, dans une autre rue qui elle, commence depuis l'Hypercentre : la rue de la Bonneterie.

Il y a aussi l'église et Chapelle des Pénitents Gris, un trésor de l’architecture baroque et célèbre pour l’extraordinaire stéréotomie de ses voûtes. La chapelle est édifiée au XVIIIème siècle dans une aile de l'ancien palais du cardinal Bertrand de Déaux, dont demeurent d’intéressants vestiges. Au nombre de 3 dans Avignon (Pénitents Blancs, Gris et Noirs), ces chapelle témoignent du rôle majeur des confréries de pénitents dans l’histoire sociale du Midi.


© Photographies Louise AVRIL






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