1 avr. 2017

ART PARIS ART FAIR 2017


J'étais déjà venue au Grand Palais pour le Vernissage de Paris Photo 2016 il y a maintenant déjà quelques mois, et j'y retournais pour le Vernissage cette fois-ci de Art Paris Art Fair de 2017. J'ai toujours ce regard brillant tout plein de paillettes lorsque j'entre dans la Nef du Grand Palais, là où les centaines d'oeuvres cohabitent et forment un labyrinthe époustouflant où on ne sait plus par où commencer. La grandeur du lieu et la hauteur de ses structures.

Art Paris Art Fair est une foire de découverte au printemps. Réunissant 140 galeries d’une vingtaine de pays au Grand Palais à Paris, Art Paris Art Fair explore l'art européen de l'après-guerre à nos jours tout en accueillant la création émergente internationale. Depuis 2012, l'exposition a su forger sa réputation par l'exploration de scènes étrangères mise à l'honneur à chaque édition. Après la Russie et l'Asie à travers la Chine et Singapour (ainsi que l'Asie du Sud-Est), Art Paris Art Fair poursuit son travail d'éclairage de nouvelles scènes en mettant l'Afrique à l'honneur cette année (2017). Avec pour cette édition, 139 galeries de 29 pays présents.

Réparties dans les différents secteurs de la foire, vingt galeries venues d'Afrique du Sud, d'Angola, du Cameroun, de Côte d'Ivoire, du Maroc, du Nigéria, d'Ouganda, du Sénégal, de Tunisie et d'Europe mettent l'accent sur une génération émergente et talentueuse d’artistes originaires du continent africain et des diasporas (Billie Zangewa, Garethy Nyandoro, Mohau Modisakeng, Moffat Takadiwa, Mario Macilau, Bili Bidjocka..). En plus des galeries liées au focus 2017, une quinzaine d'enseignes occidentales ont choisi de montrer leurs artistes africains.

À côté de cette invitation à l'Afrique, on observe une très forte présence de galeries d'art moderne, une trentaine à peu près, donnant un panorama sur la création artistique européenne depuis l'après-guerre. 24 Solo-Show décimés dans la foire ainsi qu'une section nommée "Promesse", elle dédiée à la jeune création, dans laquelle on retrouve des galeries de Londres, Amsterdam, Genève, Luanda, Bratislava, Bogota.. bref, une sélection 100% internationale.
 



Mon regard a été attiré vers une oeuvre, juste à côté, aussi abstraite que figurative en un sens, celui qu'on le lui donne au moment où on la voit. La Galerie DX présentait plusieurs toiles (de 2016) de Barbara Schroeder, plusieurs dessins qui se succédaient comme un panorama lié. Peut être inspirés par un voyage qu’elle a entrepris vers les terres aborigènes. Ce qui saisit le regard c’est la palette colorée, cette dominante de couleurs d’arrière saison, chaudes et fraiches à la fois.


Puis à la Galerie Pascal Vanhoecke, j'ai découvert l'artiste Michael Burges et ses peintures acryliques sous plexiglass monté sur aluminium (2010). Des couleurs, du mélanges, des superpositions de couches.. sublime structure visuelle.




J'ai été bluffée par l'Espace Meyer Zafra. Déjà, il explose de couleurs pastels acides qui attirent directement (pour la plupart des femmes haha) le regard et on se presse pour y découvrir les oeuvres qui s'exposent.

La première, la plus époustouflante de par sa grandeur et son mécanisme était celles (au pluriel oui, il y en avait deux côte à côte, une bleu et l'autre rose) de Manuel Merida, un artiste Vénézuélien. Il proposait une oeuvre mobile, une installation (Cercle Rose Clair, 2016), activée par un moteur. Malheureusement ma photographie ne rend pas bien, je ne l'ai donc pas affichée, je vous laisse faire la recherche si cela vous questionne;). Chaque mouvement engendrait un nouveau monochrome inattendu. La matière colorée (des pigments, du sable, des particules de bois..) contenue dans ses cercles, est renversée par ses mouvements, créant des formes renouvelées à l’infini. Ainsi, Manuel Mérida utilise les potentialités du hasard pour créer une oeuvre en perpétuelle transformation.

Ensuite, j'ai été attract par deux oeuvres, côte à côte, avec comme couleur dominante, le rose pâle (forcément!). Luis Tomasello, lui Argentinien, proposait une oeuvre en trois dimensions. Ses oeuvres sont construites pour travailler la lumière, la répétition des formes qui provoquent la vibration optique. Avec Atmosphère Chromoplastique (à gauche), Tomasello récuse une lecture linéaire de son oeuvre. Sa série « Atmosphères chromoplastiques » tire son origine des couleurs chaudes qui s’opposent aux couleurs froides. Trois éléments forment la base de son travail : la vibration optique produite par la répétition de formes (lamelles, cubes), la translation de la lumière qui est sensée varier selon les heures du jour, et enfin le mouvement du spectateur sans lequel aucune oeuvre cinétique ne peut exister.

Coup de coup pour ces deux oeuvres "acid", à gauche de celle de Luis Tomasello. Tout juste 27 ans et d'origine Polonaise et Allemande, Alina Birkner offre des oeuvres pour le moins très subtiles, par la subtilité de ses couleurs qui donnent de la profondeur. Dans son travail, elle explore l'interaction de la couleur et de la lumière ainsi que la perception et les effets sur le spectateur. Les couleurs et leurs graduations se fondent doucement, créant des scintillements, par lesquels il semble que la couleur soit libérée de la matérialité de la toile. Des mouvements de couleurs en expansion, comme par pulsations - parfois apaisant, parfois dérangeant. Les arcs-en-ciel sont créés dans l'application minutieuse de nombreuses couches de peintures acryliques diluées qui donnent cette luminosité. Elle travaille souvent en série, ce qui lui donne l'occasion d'explorer un éventail plus large de combinaisons de couleurs tout en laissant la composition inchangée.

Ces deux oeuvres ici, expriment à la fois (à gauche) la noirceur « blackness » et à la fois (à droite) la lumière « it's more about light », leurs éclats et leurs pulsations.



En solo show, Barbara Ellmerer chez la Galerie Adres Thalmann. L'artiste, pour moi, aborde les flux de la nature, la vie en couleurs, la vie en rose. Elle articule traits et taches jusqu'à trouver une combinatoire qui fait d'éléments disparates une unité. Surgissent alors de ses toiles une délicatesse et une fragilité. On voit alors apparaitre une sorte de légèreté : celle de l'être peut-être qui devient ici une sorte de tissu printanier, une fleur en pleine naissance.


Le travail de Mel Ramos s'inscrit résolument dans le courant pop art. Comme Roy Lichtenstein, il s'inspire, au début de sa carrière, de l'imagerie des comics américain, en peignant les effigies de Batman ou de Flash Gordon. Le thème de la Pin-up va ensuite devenir récurrent pour lui et choisit de l'illustrer par des figures qui se détachent sur des fonds représentés par des logos de marques. Artiste du détournement qui refuse la provocation, Ramos voit dans la Californie des 60’s une anticipation de notre civilisation de l’image omniprésente. En multipliant la figuration du corps féminin sans connotation sexuelle mais dans le cadre de publicités détournées, il illustre en tournant en dérision la société de consommation et ses icônes (une personne consumériste est un individu qui envisage tout ce qu'il entoure comme une opportunité de consommer, qu'il s'agisse d'objets, d'activités ou d'autres individus, dans une recherche de plaisir). Par ce biais également, il questionne les vraies-fausses valeurs que la publicité et Hollywood mettent en avant, à commencer par l’émancipation de la femme. Privilégiant la figure féminine et son naturel, il est à la base de l’évolution contemporaine du nu.

« Curieux de savoir comment les magazines utilisent les belles formes voluptueuses pour vendre » il développe alors une iconographie pop qui lui est spécifique : il met en scène des pin-up nues présentant des produits de consommation courante appartenant à de grandes marques emblématiques, comme ici avec Martini Miss (2008) la célèbre marque Martini. Il met également en scène dans ses tableaux des artistes connues telles Marilyn Monroe ou Scarlett Johansson.


J'ai découvert Wayne Barker au stand de la Gallery Baudoin Lebon. Avec ses œuvres perlées, il nous interpelle sur l’art du Beadmaking en Afrique australe. L’Afrique australe est une région célèbre pour cette tradition millénaire du « beadmaking », soit l’art du tissage de perles, qui s’est adaptée aux circonstances modernes de la manière la plus inventive.

Ces perles qui étaient autrefois fabriquées en Afrique, à l’époque de la découverte du verre (il y a environ 30 siècles), proviennent maintenant pour la plupart de sources européennes. La reconnaissance tardive de cet art a de nombreux facteurs : la hiérarchie par l’occident du matériel artistique, la discrimination raciale et sexuelle puisque le travail des perles était essentiellement conçu par des femmes ou encore les idéaux modernistes définissant, voire régissant, l’art visuel. On comprend donc que l'artiste Wayne Barker souhaite restaurer cette histoire en plaçant les perles à l’avant-garde de la peinture et à travers ça, valoriser la femme, d'un point du vue représentatif mais aussi mécaniste.



J'ai eu un coup de coeur, vous savez, celui qui frappe tout de suite ; avant même encore de l'avoir vu(e), votre regard se détourne tel un aimant puissant et vous êtes attiré. Un coup de coeur pour cinq oeuvres (ci-dessous), mais là où mon coeur s'est emballé, c'est de loin avec celle de ce portrait caché d'une femme. Que l'on ne voit que si l'on la contourne, que si on ne l'approche, de plus près. Qu'on la cherche. À première vue on ne voit rien, que son propre reflet et celle de la foule à travers un miroir aux couleurs chaudes et effervescentes. Lui même est époustouflant, on se noie dans ses nuances vernies qui m'ont fait penser aux vacances, un air marin d'une nuit d'été. On aperçoit un regard, presque poignant dans le vide et sans visage, qui interpelle et donne le pouvoir au spectateur d'aller chercher plus loin, s'il le souhaite...




Il y a aussi cette cascade marquée de rouge et de densités de Hur Kyung Aeoui je suis beaucoup sur le rouge instinctivement vous l'aurez deviné, pleine de volumes, qui forment presque des copeaux qui en tomberaient du tableau. Comme deux vagues de couleurs qui s'affrontent et forme une intensité au milieu, la force du rouge s'explosant sur la force du blanc et des couleurs qui le composent tel un prisme de lumière.


Les collages de Barbara Breitenfellner témoignent d’un imaginaire poétique et onirique hérité du surréalisme. Précieux, ils mélangent des matériaux divers (magazines, pages de livres anciens, reprise de motifs gravés qu’elle sérigraphie). Elle associe des éléments qui, a priori, n'ont aucune raison de se retrouver ensemble pour nous emmener dans un voyage mental sans destination assurée. Si on peut voir ces relations comme un prolongement direct des théories surréalistes, c'est plutôt la capacité de l'art à produire des mondes oniriques et dérangeants qui fascine l'artiste. Certains thèmes iconographiques traversent ses collages, comme les métamorphoses de femmes animales.


street art

Tania Mouraud
Elle réfléchit sur les limites de la perception avec l’aide de l’écriture en créant des « mots de forme » (1989) Depuis plus de vingt ans, elle crée des peintures abstraites en incrustant des phrases graphiques que lisibles de par leur traitement typographique, aujourd’hui très reconnaissable. Si elle a commencé avec des phrases iconiques et politiques pouvant s’assimiler à des slogans, elle poursuit, aujourd’hui, avec des expressions de plus en plus intimes, sensibles, émotionnelles, poétiques, universelles, comme des phrases de résistances, souvent reprises dans ses performances. ici "Dream"
Jonone

Misstic




... Galerie PletersNiki de Saint Phalle
à cote d'un Simon Hantal qui ... un Yves Klein qu'on ne voit pas.

rym karoui A.Gorgy et ses puces




© Photographies Louise AVRIL
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