7 juin 2017

Ce jour, où j'ai décidé de réécrire (et de dire fuck au conventionnel)


Ce soir-là, en rentrant chez moi, je me suis mise à réfléchir à un post, pour l’onglet que j’avais créé : « Think » lorsque que j’ai changé mon blog (ex Les Chroniques d’April) en Rouge Avril il y a à peu près deux ans maintenant. Cela faisait des années que je n’avais pas parlé, disons, ouvertement ; réellement. Où je n’avais pas pu émettre tout ce que j’aurais voulu dire, tout ce que j’avais vu, ressenti, analysé. Par peur ? Peur de quoi ? De qui ?

J’avais néanmoins mis cette légende, perchée en haut de ma barre de recherche, pour ne pas oublier ce pourquoi j’ai fait ce blog. Ce qui me lance dans une extase perceptible lorsque je clique sur le bouton « Nouvel Article » et que la page blanche s’ouvre à moi..


Il y a quelques années, à sa création en 2010 et aux trois ans qui ont suivis, mon blog n’était pas « connu », du moins, juste auprès de mon entourage proche, puis de mon Facebook. Il était lu par une poignée de personnes qui se comptait sur les doigts de la main (et des pieds aller) ; ne jouant en aucun cas sur mon avenir ou ma vie en générale. Jamais, il n’avait joué en ma défaveur ou contre moi.
Il y a quelques années, il a pris de l’ampleur, doucement. Petit à petit j’ai vu mes statistiques doubler, tripler. Pourtant, au fond c’est ce que je désirais. Qui n’a pas envie de voir son cher et tendre petit grandir ? J’en suis même contente, heureuse. Un blog, ça nait, et puis ça peut rester vite dans le noir, puis tomber aux oubliettes..

J’ai reçu beaucoup de commentaires positifs sur ce que je faisais - même de gens dont je n’aurais jamais imaginé qu’ils puissent me lire - qui m’ont motivée, toujours et encore à écrire, à aller plus loin dans ce que je voyais, à le décortiquer, à essayer de le (re)transmettre, pour que chacun puisse, en se reconnaissant parfois, voir autre chose que ce qu’il avait pu imaginer, penser ou croire, toujours à travers les yeux mais ici par des mots et non des images. Des mots mais une certaine manière d’écrire les choses, de la quadriller, de la ponctuer, de la crier ou la mouvoir.. Mon but ? Toucher. Parfois en faisant mal, dérisoirement, en m’amusant, en creusant, dans l’optique d’ouvrir sur autre chose, quelque chose de non calculé et non régie par cette société qui nous dicte comment être et ou comment parler. Toutes ces conneries, ces bullshits de façons d’être.

Je me rappelle d’une journée, il y a peut-être quatre ans, peut-être cinq, je sortais du tabac en face de la Comédie Française, et là il y a eu cette fille, qui posait son vélo pour aller à son tour chercher surement un paquet. Elle m’a arrêtée pour me demander du feu, et au moment où je tournais les talons pour partir, elle m’a lancé « Tu t’appelles Louise ? ». Je lui ai répondu oui tout en lui demandant comment elle le savait puisque je n’avais pas souvenir d’elle.

« C’est toi les Chroniques d’April, c’est ton blog, non ? »

Je ne sais pas ce que j’ai ressenti sur le moment en premier. Si c’était de la joie ou de la surprise (vous savez comme lors d'une soirée lorsque vous voyez ce cher mec qui vous plait tant, que vous n’auriez jamais pensé voir, à ce moment-là, précisément et que BOUM, il est là, devant vous). À la fois submergée d’enthousiasme, de fierté (j’avoues m’être sentie un peu ouf sur le moment okok même carrément stylée ouai ok) mais tout aussi de stupéfaction, à la limite du choc. Je n’y ai même pas cru sur le coup. Je lui ai demandé d’où on se connaissait (de nouveau, au cas où, voir si yavait pas un bizbiz caché là-dessous), elle m’a répondu l’air très sérieuse « de ton blog » « jtai reconnue avec tes photos ». Un an après, il y a eu ce gars, à l’époque de la Cocobeach à la Chesnaie du Roy, à ses tout débuts folichons, rendez-vous d’une jeunesse qui avait soif d’expériences et de moments entre amis, de sourire et de joie à n’en plus finir, l’after éternelle, vous l’avez peut-être connue. Même histoire, même sentiments, même poils qui s’irisent sur mes bras, même sourire béat et rire de joie qui s’en suit. C'était près d’une bouée que les organisateurs avaient disposée pour l’espace chill extérieur où les gens s’asseyaient dessus et s’amusaient à donner des coups de pression pour faire bouger tout le monde en même temps. (faudrait que je retrouve ton nom, je sais t’avoir sur facebook à la suite de ça;))


À la suite de ça, je me suis sentie intouchable, forte et vivante.

Malheureusement, quelques temps après, j’ai été refusée dans une école parce que mon ton et mes dires ne plaisait pas à l’examinateur qui s’était renseigné au préalable sur la candidate qu’il allait avoir devant ses yeux.
À dénoncer, quelques pratiques et quelques allures que j’ai pu voir, j’ai été aussi ensuite blacklistée et refusée dans un lieu - après la sortie d’un article - qui pour ma part est en train de déchanter depuis quelques années et qui a perdu sa médaille dorée de night parisienne lorsqu’il a ouvert, depuis maintenant bien longtemps, malgré ses accouplements pour ne pas montrer sa faille.

Après ça, j'ai petit à petit supprimé beaucoup de mes articles, cherchant à me trouver et à trouver une véritable ligne directrice. Qui plairait à la masse.. Mais pourtant je n'arrivais pas à tous les supprimer. Étant toujours fier de mon travail et de mon blog, j’ai commencé à le mettre en avant auprès d’entretiens de stages conventionnés lors de mes années d’études. Mais j'ai alors aussi commencé à sentir pour la toute première fois une sorte de peur, une sorte d’égarement, de perte de confiance. De questionnements, de sueurs froides. Et si, ce qui m’avait toujours fait du bien et qui m’avait toujours propulsée dans le monde du travail dans les dimensions que j’explorais à savoir la littérature, le journalisme et la communication, pouvait en fait, me faire barrage ? Que des directeurs, des examinateurs, des profs qui pourtant avaient l’air fous de curiosité et d’égard vrai lorsque je leurs parlais de mon blog et de mon travail en dehors de celui qui était mes études, ne déchantent en me lisant, ne me ferment la porte - car je ne parlais pas juste comme tout le monde de tuto beauté et DIY pour refaire sa jupe perdue au fond du placard en jupe so trendy 2017 ; qui ne blessent aucun amour propre ou qui ne conviennent pas au conventionnel. Qui choque parce que l’on ne comprend pas, que l’on juge car l’on ne connaît pas. Là où le racisme nait, au jour d’aujourd’hui.

Puis je me suis dit que c’était écrit. Là est le jeu de mot. Un jour. Et que, heureusement, je ne suis pas allée dans cette école, pour rentrer dans ce moule que tout le monde désire tant (à croire) pour parfaire son être aux yeux des autres, jusqu’à couper ce qui nous insuffle un souffle ? Être parfait, honorable, acceptable pour l'autre, plaire à celui qui te dira oui pour finir tes études ou les commencer ? Travailler et monter en grade ? Se faire aimer ou détestée ? Really ?
Qu'on apprend, qu'on grandit et qu'on assume au fur et à mesure, qu'on apprend à assumer, qu'il faut prôner qui on est et savoir qu'au contraire, c'est ce qui nous ouvrira des portes, le fait d'avoir confiance et de refuser de se recroqueviller face à autrui pour ce qu'on aime et ce qu'on pense.. Se chercher, se trouver.


Le petit clin d'oeil pour la photo de tête, c'est avant tout car c'était un moment où j'étais pour le moins comblée, où je me sentais moi et pas quelqu'un d'autre de surjoué ; un moment aussi où je tchin et met en avant un verre, comme pour trinquer avec le spectateur de la photo.. Un rappel au dernier article que je n'ai pas supprimé, où je faisais exactement ce même geste, arboré de bonheur.



Je réfléchissais à un thème mais rien ne venait, je ne savais ni par quoi commencé ni par où commencer, rien ne me venait à l’esprit, tout me paraissait trop abrupte surtout après m’être coupé les cordes « vocales » depuis un certain temps. Arrivée sur mon canapé, clope à la bouche, l’œil vide vers mes murs, l’air dans mes pensées - qui virevoltaient autour de thèmes plus cons les uns que les autres, à n’en plus savoir où donner de la tête – mon regard s’est enfin focalisé. Au lieu de « mal faire les choses », pourquoi ne pas me relancer tout simplement avec un article qui parlerait de se relancer ; quoi de plus sain et de Rouge Avril que de commencer par quelque chose qui lorsque j’écris s’enfile à vive allure et où les lettres défilent avec rapidité et fluidité, sans retouches fonctionnelles, d’une traitre sur cette page qui n’est plus blanche mais noir de mots ; comme le faisait Balzac.



© Photographies Louise AVRIL
PARTAGER:

Aucun commentaire

Enregistrer un commentaire







© 2019 ROUGE AVRIL