21 juin 2017

SANDFROMCANNES, Parlons d'amour


J’adore Cannes. Cannes l’été c’est un petit monde. Un petit monde tranquille si l’on sait où l’on va, qui se met très vite à « jovialer » dès qu’on le cherche et le veut. Et quand je dis Cannes, c’est aussi la French Riviera. Sainte Maxime, Théoule sur Mer, Saint Raphael, Nice, Antibes et son Cap d’Antibes, Juan les Pins, Saint Trop.. C’est pouvoir se déplacer à ses différents endroits comme si ce n’en était qu’un. Partir le matin, prendre l’air loin des foules touristiques ; marcher, gravir les sentiers et roches dans un paysage rouge comme ceux des plages secrètes de Théoule Sur Mer, pour rentrer et squatter quelques heures après les terrasses de la rue d’Antibes ou bien de la Croisette, le temps d’un apéritif au soleil couchant.. avant de rentrer chez soi pour se préparer et glisser le long de la côte jusqu’à Juan Les Pins, au Village Club. Tel un un littoral remplit de surprises..

C’est aussi retrouver des connaissances et amis de Paris ou d’ailleurs (oui truefact, Paris déménage souvent sur la côte l’été par vagues entremêlées), dans un tout autre décors, et de manière différente. Loin de la pression, des choses qu’on a l’habitude de faire, des lieux et endroits qu'on connait par coeur ; ça en alter même les discussions. C’est comme si on se redécouvrait, mais en prenant le temps, comme s’il était infini, comme si nous étions dans une bulle de paix, loin de tout en ayant le temps de tout. Alors oui le paysage y fait, les lieux diffèrent aussi, mais c’est différent. Et c’est étrange, mais je ne trouve ça qu’ici. Du moins dans les destinations "près" de chez moi, c'est à dire dans notre chère Europe. Bien-sûr que lorsque je pars en vacances, je déconnecte, je me mets sur pause. Le temps s'arrête. Mais, disons, pas de la même manière j’ai l’impression. Je me repose, je peaufine mon bronzage, je découvre la ville, j’imagine ce que je pourrais en dire ensuite ici, je fais la fête et je me balade. Bref, tout ce que tout le monde fait plus ou moins. Parfois je fais même preuve de grande flémardise et je passe mes journées à la plage. Mais je ne me sens jamais si loin. Loin par la carte géographique oui, mais pas dans la tête, du moins juste sur un moment précis, celui que je vis tout de suite, là, maintenant. Mais du coup, comme pas vraiment à 100%. Je sais quand j’arrive et quand je repars, et je fais en fonction de ça. Je vois le temps découler et le départ arriver. Je prends le temps, j’apprécie le moment présent mais c’est comme dicté par les lois du temps. Et lorsque l'on va encore plus loin, que l'on sort de cette Européanisation, les paysages y sont complètement différents, la culture elle-même y est totalement abstraite, inconnue. Et c'est ça que je ressens ici. Pourtant cette French Riviera, elle n'a pas grand chose de différent de Paris, et pourtant pour moi, elle l'est complètement. Là-bas, je retrouve ce sentiment que l'on a lorsqu'on s'arrête de penser, du début jusqu'à la fin, comme lors d'un voyage à l'autre bout du monde. À défaut de ce que j'expliquais tout à l'heure, ici, c’est comme continu.. La montre, même juste en bijoux, n’existe plus, ou juste pour refléter le soleil de reflets dorés lorsque je bouge le poignet. Je perd toute notion de temps. C'est comme si j'étais là où je devais être, comme si j'étais chez moi, à Paris, mais juste pas à Paris. Telle une autre dimension. La vie est arrêtée et en même temps complètement vivante, active. Dans une Côte d'Azur peuplée, qui y vit en même temps, dans sa propre dimension, réelle. Je l'a découvre et l'a redécouvre à chaque fois. Presque comme-ci on se gorgeait d'une culture totalement différente, où l'on y va pour se perdre afin se (re)trouver et créer une immersion dans quelque chose qu'on avait alors jamais connu, l'inconnu.. Un dépaysement total qui vous remet en question, vous, vos moeurs et vos habitudes de vie. Simples mais tout aussi vivantes et bluffantes.
Pourtant, ce qui est paradoxal, c'est que contrairement à la Grèce, le Portugal, l'Espagne ou encore l'Italie.. l'expression « loin de Paris » est plutôt ici ridicule. Et c'est ça qui est fou.


Mais est-ce irréel ? Non, c’est bien là tout le message.

Ce n'est pas une bulle dans une autre bulle. Il n'existe qu'une bulle, celle que je m'efforce de discerner en l'expliquant et en m'expliquant. C'est comme lorsque l'on dit à l'homme que l'on aime « Tu es mon monde. », parce que l'on peut se réfugier en lui sans aucune pudeur ni secret.

« ça en alter même les discussions.. » J’en ai bien plus appris sur ces personnes vues à Cannes en une soirée ou en un verre, et inversement, que tout ce que j’avais pu apprendre et parler en des mois à Paris. Vient alors la question, sommes-nous égoïstes, éphémères à Paris, même si authentiques en somme, face aux personnes que l'on rencontre et que l'on recroise de temps en temps par hasard ? Sommes-nous des automates tels des actroïdes qui ne parlent juste que pour parler.. de choses éphémères et plutôt sans importances, presque répétitives dans notre bouche d'une personne à l'autre ? Comme si notre tirade était déjà prête à servir et à se réimprimer pour la suite sur un chemin éphémère. Peut-être juste du désintérêt inconscient, ou bien de l’auto-centrisme, ou peut-être est-ce sincère et alors, nous sommes bien vides.. - conditionnés à être vides d’intérêts ; d’intérêts pour autrui ou en général ? Se restreint-on quant à nos vies et nos discutions lorsque l'on doit nous dévoiler à autrui ? De peur d'exacerber je ne sais pas, d'être incompris et choisissons nous alors la conversation facile et désabusée qui file sur les lèvres comme de l’eau. Sommes-nous alors vraiment authentiques en tout point en terre nouvelle ? Peut-être sommes-nous juste trop pressés..

Cannes ? Elle me réapprend à prendre le temps. Ici mais aussi ailleurs.

Alors bon oui, faut la voiture..



Souvenirs de Théoule-Sur-Mer..




© Photographies Louise AVRIL
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