2 sept. 2017

Quelle est cette mode de se coller à d'autres sur la plage ?


Ceci est une réelle question. oyéoyé. Qui torture chaque année nos semblables de la même espèce. Du moins ceux qui trouvent ça louche et auxquels elle tourmente les esprits.

Chaque été elle frétille tel un poisson sur le bout de vos lèvres, effleurant votre esprit, encore et encore, revenant à chaque fois que vous posez vos doux pieds à la plage. Cette interrogation, ce problème de maths non résolu. Cette légende d’été qui n’en est plus une et nous taraude depuis la nuit des temps. Ce fléau..


C’était un week-end, un dimanche matin, un jeudi après-midi peut-être pour vous.. Les températures estivales sont au rendez-vous, le moment est à priori opportun pour profiter des plaisirs que procurent les plages et le soleil, l’idée de s’abandonner loin du reste. Et là, l’inimaginable se produit..


Une plage pourtant quasi-déserte. Quelques personnes éparpillées sur le sable qui s’étend à perte de vue ou du moins sur une grande étendue. La mer est calme, le soleil est encore doux et le silence est d’or. Jusqu’ici tout va bien.. Vous vous endormez, fermez les yeux le temps de quelques minutes, une petite demie heure, le temps de sentir le soleil chatouiller votre peau doucement, rafraichie par un petit vent telle une caresse fraiche et froide. Le rêve, la température parfaite pour travailler son bronzage ; vous êtes seul ou accompagné face à la mer. Réveil doux et idyllique, vous ouvrez calmement les yeux, le soleil vous éblouit et vous retrouver la vue doucement.. et là, c’est le drame. Stupeur et tremblement. Vous sursautez presque tellement c’est flagrant (pour vous ? mais bizarrement pas pour eux). En effet, coup de surprise, on croirait presque un « un deux trois soleil » géant organisé et qui s'est établit par un groupe secret assez machiavélique. Vous vous retrouvez nez-à-nez avec des ovnis tout autour de vous et pas moins de 3 mètres les séparent de votre serviette. Oui, la plage fait 500m de long mais c’est à un bras de distance de vous qu’ils ont choisi de se poser.


Ce matin, je décide d’aller tôt à plage, elle presque déserte, magnifique ! m’exclamai-je dans ma tête. Il n’est pas encore 9h, j’installe ma serviette et mes affaires pas très loin de l’eau, le soleil commence à chauffer, je m’allonge et m’envoie dans le ciel par les rêves à plat ventre, la tête dans les bras.. 10h. Se fait alors sentir un petit coup de chaud, je redresse la tête, les formes se hissent et se reforment petit à petit, je vois alors les couleurs après la lumière blanche qui m’a éblouie sur le moment, et j’aperçois non le vide.. mais.. des yeux et des fesses, à un mètre de ma tête. Oui oui. Je l’ai vraiment vécu comme une attaque.

J'en avais alors sur tous les flancs, tel un cadran d'une monte, telle une garde rapprochée tout droite sortie de Game of Thrones, comme lorsque Cersei marche escortée dans les ruelles de la honte. À chaque fois j’ai ce regard, presque interloqué. Ces personnes voient bien que je me réveille, que mon regard est plongé sur le reste de la plage décimée où se regorgent des places vides, avec des regards presque pointants, persistants et choqués. Mais non, c'est tout à fait normal.


Pour voir ceci devant soi..


Cette fois-ci, c’était une dame qui s’était assise - clairement à moins de deux mètres de moi - qui regardait la mer et son téléphone et me faisait presque de l’ombre sur la tête. Ah ça fait tout drôle au réveil.. Parfois il peut aussi arriver de faire un combo : l'arrières des gens devant les yeux et des yeux devant les vôtres. Alignés le plus droitement possible hein, sinon c'est pas drôle. Non non, ils auraient pu se décaler un peu vers la droite ou vers la gauche, mais ils ont choisi de faire les choses bien carré. Le pire dans tout ça c’est que ces gens là, ne ressentent aucune gêne, même en croisant votre regard assez perplexe sur la situation et qui en dit long. Moi-même je suis gênée de me trouver dans cette position. Un espèce de sandwich étroit. Ah bah là c'est sûr que votre état d'esprit du début, vous savez celui de s'abandonner, d'être en paix, bref, la totale, disparait en une fraction de seconde. D'autres choisissent sur le côté (comme vu plus haut) comme s'ils étaient venu avec vous, aucun décalage, serviette encadrée au même niveau que le votre, et à 50cm of course. C’est presque comme si on rentrait dans votre intimité.. Vous n’imaginez pas des gens venir s’allonger sur votre serviette, mais c’est quasiment pareil, et je suis presque sûre qu’ils le feraient si c’était possible et envisageable.. Alors on va se baigner, on analyse le tableau depuis la mer discrètement par coups d'oeil et les suggestions possibles même si difficiles, puis après avoir travailler les équidistances, en revenant, on fait genre de prendre sa serviette pour s'essuyer et lorsqu’on la replace, ni vu ni connu, c’est décalé ah bah oh! Ça passe crème. Puis on bouge nos affaires après, pour les rapprocher, d'ailleurs c'est souvent ça qui nous grille. Parfois j'me dis que je les ai peut-être blessés, c’est vrai, lorsqu'ils s'en rendent compte ils vous jettent ce regard de haut et presque fâcheux..

« Mais.. qu’est-ce que tu fais ? »

Et même lorsque vous trouverez un recoin éloigné exprès pour vous isoler, être tranquilles, bref vivre la vie et la savourer, où les branches et les pierres se heurtent à vous.. Bah.. vous êtes sûrs que dans l'heure qui suit, quelqu'un, une famille, va vous y voir et venir sur le rocher. Et ce, bien évidemment juste à côté du vôtre, pour étaler ses serviettes, son pique-nique et j'en passe.. « Tiens, il est cool ce coin ! »



Psychiatres et sociologues se sont déjà penchés sur le sujet et plusieurs thèses ressortent. (et CECI n'est pas une blague)


Le première à laquelle j'ai pensé, en cherchant vraiment (oui ça m'a beaucoup taraudé..), c'est la sécurité. - Personne faisant du co-servietage qui réfléchit.. : "au pire si il arrive quelque chose j'ai moins de chance d'être touché, genre si on est deux et que je me mets à côté de lui, c'est 50/50 quoi, et plus 100%. Genre un avion qui se crache, un mec chelou qui se ramène, un alien.." - L'instinct de suivi serait donc celui qui pousse les gens à jouer au Tetris avec leurs serviettes sur la plage ? Ma deuxième hypothèse : Est-ce aussi bizarre de vouloir être seul(s) ? Doit-on toujours tout partager maintenant (cf réseau sociaux) ? Et vouloir être seul signifie donc qu'on est pas bien dans notre tête ? Et ma troisième hypothèse : on vit dans la matrice, ou alors on est des fantômes. (C'était vraiment la dernière que j'ai pu imaginer).



Avant de malencontreusement envoyer une poignée de sable sur la tête de l’un d’entre eux ou d’exploser ou imploser, au choix - parce que j’y ai réfléchis mais je pense qu’on nous prendrait pour des dingues si à un moment on se met à hurler tout seul sur la plage - demandons-nous ce qui, dans leur cerveau d’humain en vacances a bien pu se passer pour les pousser si près de notre serviette.

La première raison à ce comportement serait celle de l’instinct grégaire. Contrairement et à l’instar des manchots qui s’éparpillent sur la banquise, l’homme adopte facilement des comportements de troupeau (d’où la fameuse expression « vous êtes moutons » comme vu souvent lors des Présidentielles..). Ces rassemblements alors sont généralement destinés à être plus fort face au danger que peut représenter un prédateur ou un phénomène environnemental. Cette thèse est valable, mais de quelle peur le troupeau chercherait-il à s’extraire en se rapprochant de nous à la plage ? Peut-être est-il stressé par les vacances et cherche-t-il à retrouver la promiscuité du métro et bus ? Reproduire le contexte dans lequel il vit au quotidien, en gros il n'a rien compris aux vacances.. Dunno..

Une autre explication pourrait venir d’un désir d’égalité : on a tous le droit à la meilleure place sur la plage. Et on suppute que la meilleure, c’est la vôtre, puisque vous l’avez prise alors que vous aviez le choix avec toutes les autres (ouioui réfléchir ce n’est pas donner à tout le monde).
« Sur la plage, les rôles sociaux disparaissent. Plus qu’un lieu d’égalité, la plage est une sorte d’expérience de groupe qu’on doit partager » ai-je lu des explications de Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie. C’est donc comme s’il était socialement obligatoire d’être ouvert et d’établir le contact avec les autres vacanciers. Et là on dit merci au film "Camping"..

Last explication, la drague. Ou le matage. Quant à l'approche, elle me rend un peu perplexe vu qu'elle fait tout le contraire.



Néanmoins, dieu merci, il reste un truc infaillible.. Un repousseur de relous de co-serviettage. Un expulsif fraichement trouvé, peut-être que vous l'avez aussi décelé. Pour l'instant il a toujours marché, du moins pour ce qui est d'espace vital - le reste malheureusement je n'ai pas de solution ; peut-être de se comporter bizarrement, de faire des trucs un peu chelous, d'hurler, genre d'imiter les gens dans les festival de transe en faisant croire qu'on est possédé, d'faire des trucs de hippies quoi.. et ce, dès que des gens approchent. Ça leur fera peut-être peur et ils fuiront, lorsque vous avez trouvé un petit espace renfoncé dans une bête de petite crique entre amis ou amoureux mais que forcément, même si il n'y a pas de place, ils y verront un espace à partager. - J'ai découvert ça il y a peu de temps, en replaçant ma serviette sans faire vraiment attention un peu plus loin de mes espadrilles que j'avais tout bonnement perdues de vue. Une famille s'est placée bien évidemment à côté de moi, alors que la plage regorgeait d'espaces libres, étalant ses serviettes, ses parasols et ses bouées presque sur ma serviette du côté droit (et encore une fois elle aurait pu se centrer au lieu de se coller et demeurer plus loin de moi, mais non!), et non de celui du gauche, qui pourtant lui restait vide sur plusieurs mètres.. Quelques heures passent et toujours personne de mon côté gauche, du moins si, mais plus loin.. Un espace vital s'est offert à moi, j'en revenais pas je vous jures. Et ce, grâce à.. mes espadrilles. En effet, en déposant mes affaires comme pour délimiter un espace tel un campement autour de votre serviette même à quelques mètres, aucune personne ne s'est mise entre celles-ci et ma serviette. Bon après faut pas pousser sur 10 mètres hein..

Mais ce qui me fait rire, c’est que j’ai déjà vu des personnes clamer haut et fort leur désarroi sur ce fléau d'été, mais qui pourtant sont les premières à le faire dès leur arrivée à la plage, même après leur avoir lâché un « tu veux pas plutôt qu’on se mette là bas, on est un peu proche des gens là.. en se reculant de quelques mètres c'est beaucoup mieux.. » À croire qu’en fait, ces gens là, ces familles etc qui s'étalent sur votre espace vital, pensent qu'elles ne le font pas, ou pire, que ce serait vous si ça se trouve ? Est-ce bien le propre de l'homme de se cacher la vérité qu'il ne veut pas voir ?
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