20 déc. 2017

Passer à autre chose


En ces temps de fin d'année de semestre, j'ai remarqué qu'il était facile de passer à autre chose, et ce, assez rapidement, même très facilement. On trouve très vite d'autres activités, qu'on trouve pour le moins carrément plus intéressantes sur le moment jusqu'à en oublier presque tout.

C'est comme ça que je me suis lancée dans le permis de conduire (oui oui, moi) en septembre, que j'ai bossé comme une malade puis délaissé complètement pour mes partiels. Je me retrouve de nouveau face à lui, mais là on parlerait plus de procrastination, vu qu'on sait qu'on ne pourra passer à autre chose qu'en y passant par là. Mais c'est aussi comme ça que j'ai arrêté de fumer.

Parfois je ne sais pas passer à autre chose, c'est là et ça m'obnubile. Et faut vraiment que j'me foute une claque intérieure pour vraiment décrocher. La dernière fois, il y trois jours exactement, j'étais à Cannes pour ces vacances d'hiver, ma mère et moi avions atterries (par hasard..) dans une bijouterie fort sympathique et je me suis retrouvée assise à essayer des chaines en or, reflétant la lumière d'éclats à travers le miroir posé devant moi. L'une m'a tapée dans l'oeil à ce moment là précis, j'ai voulu alors l'essayer avec un pendentif, voir ce qu'elle donnait. La vendeuse s'est levée et m'a dit qu'elle devait aller chauffer l'accroche pour la plier légèrement afin de pouvoir le faire passer. Le coup de foudre. Pour finir avec ce passage hasardeux dans cette bijouterie, bah je suis retrouvée à la caisse.. tout en demandant spécifiquement d'en avoir une neuve (et pas celle qui avait été "abîmée", disons pour moi). Elle est donc partie dans l'arrière boutique et m'a répondu que j'avais de la chance car il y en avait une autre, me montrant bien l'accroche bien ronde et le bijou tout neuf. Ben.. je peux vous dire que j'ai skisé toute la journée en imaginant que la vendeuse avait réchauffé l'accroche et m'avait donné l'ancienne. Par finir par en faire un cauchemar la nuit qui a suivie. Et effectivement, j'ai saoulé tout le monde ensuite pendant trois jours en en parlant tel un perroquet. Même moi j'me fatiguais ; mais c'était plus fort que moi, j'arrivais pas à me dire « aller stop tu sais très bien qu'elle est neuve, maintenant passe à autre chose. » Je vous raconte même pas lorsque je me fais une accroche dans un pull..


Où je veux en venir ? Faire table rase du passé ou estomper ?

Il y a une semaine, le long de la rue Saint-Ambroise, je me suis surprise à dire à un ami ouvertement une solution comme si elle faisait partie de moi, comme si je la connaissais sur le bout des doigts - et pourtant ; en le voyant désemparé, bloqué dans le temps comme si le passé faisait partie intégrante de son présent et qu'il ne voyait plus aucun futur sans ce passé. Passer à autre chose, c'est plus facile à dire qu'à faire me disait-il.

C'est une question d'habitude. Tu n'as pas à oublier, mais juste remplacer cette bulle sur laquelle tu t'étais reposé et ces habitudes par d'autres. Petit à petit, tu vas changer ton mode de fonctionnement, passant de 1x2 à 1x1. Reprendre une manière de faire, de vivre, d'interagir. Ça ne va pas se faire en un claquement de doigts, je sais. Le conseil à la con je sais encore, mais pourtant vrai. Lorsque quelque chose vient à te faire sourire ou rire et que tu t'apprêtes à l'envoyer ou le dire à ce fameux 1x2, alors tu peux te tourner vers une autre personne. Les amis comme on dit, c'est là et ça reste. On endure sur le temps et on endure avec toi, l'empathie comme elle se nomme.

J'ai beaucoup observé mes amis, chacun opère comme il le peut. Il y a cet ami, qui je pense, pour couvrir cela, cherche à tue tête à retrouver ses sensations d'avant, ce qu'il a vécu, à tout prix et engage alors un véritable Tinder réel. S'efforçant, avec fatigue, à plonger ses espérances dans la première fille qu'il verra sur son chemin, sous peu qu'elle soit jolie et drôle, quitte à projeter sur elle ce qu'il cherche à retrouver, pour finir par être dépassé par la réalité qui le rattrape. Et d'autres, au contraire, se disant loin de tout ça, mais qui vivent inconsciemment dans le passé, un passé répondant à un présent modelé de façon à ce que, lorsqu'ils le regardent de près, l'idolâtrent parce que ce n'est qu'une idéalisation au fond. Dans les deux cas, ils sont bloqués : un futur opérant dans le passé et un passé opérant dans le présent.


« J'ai envie de dire que c'est plus facile quand on en a rien à foutre ! »


Pour conclure, tel je l'écrivrais lors d'une dissertation so frenchy.. Annule et remplace.
Are you kidding me???

Non, je finirais plutôt par Miss.tic « C'est la vie, ça va passer. » Je pense qu'il faut juste savoir où regarder ensuite, chercher un nouveau but. Lorsque l'on a bouclé quelque chose, un boulot, un roman, une action, une histoire.. même si comme on l'a vu ci-dessus, parfois on en a pas spécialement envie, il faut juste trouver quelque chose sur lequel se tourner pour le reste à venir, trouver le déclencheur et l'élément qui nous retient peut-être et qui ne nous permet pas au fond d'aller de l'avant. Détourner nos habitudes ailleurs, lâcher prise, accepter.. pour se tourner vers quelque chose de nouveau à accomplir. Que l'on veut vraiment, et où l'on ne se force pas. Il serait si triste de ne pas pouvoir faire autre chose, de ne pas vouloir. Peut-être est-il le moment de se retourner vers soi et ce qui nous entoure là, ici et maintenant ? Savoir laisser le passé derrière, au loin s'en aller.. Sans pour autant oublier.
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