10 août 2018

On s'est envolé au Cargese Sound Festival

Dernier jour de boulot, on est le 31 juillet. Je fini six mois de dur labeur en tant que Chef de Produit chez La Fine Equipe - mission excellée d’ailleurs - je détale alors chez moi pour boucler ma valise car août se fait apercevoir et marque le début d’un ptit voyage rocambolesque dont j’ai hâte depuis un moment. Je dois rejoindre le groupe le lendemain à Valbonne pour un before avant de nous envoler en Corse pour le Cargese Sound Festival, appelé aussi Cargese Sound System. On part à 13, autant vous dire que côté organisation faut s’accrocher et tout bien calculer ! On cherchait une destination soleil, avec la plage et un festival, quelque chose qu’on a pas déjà fait, un truc nouveau avec un sacré line up. Et puis on est tombé sur lui il y a quelques mois. Une conversation de groupe sur Facebook se créer alors ; ça partait dans tous les sens. Mais avant tout, il fallait savoir qui venait ou non, puis les choses telles que « où on dort », « comment on y va » - et le pire c’était « de quand à quand » car personne n'avait les mêmes dates. Je crois bien qu’on a mis cinq mois à s’organiser.. enfin surtout à (se) comprendre. À base de « j’ai rien suivi putain », de questions sans réponse, de recherches, d'annulation, d’attente, de cafouillages, de réponses négatives etc.. Et bon, comme vous le savez, dans ce genre de conversation qu’on connaît tous hein.. il y a toujours ceux qui cherchent, ceux qui répondent, ceux qui lisent (mais qui ne répondent pas héhé), ceux qui répondent un mois plus tard et ceux qui ne répondent pas du tout mdr. Certes, c’est des coups de pressions sur le moment, on panique on s'énerve, et puis quand on y repense maintenant, on s'en marre plus qu'autre chose.

On était parti pour prendre une villa avec cinq chambres, un truc bien chaleureux bien sympa si vous voyez le genre. Bah on a très vite déchanté. Pas sur les villas, non non, mais sur l’offre. On s’y est pris en mars pour partir en août, donc bien cinq mois à l’avance. Plutôt correct vous allez me dire. Sauf que, en cherchant où pioter, on s’est rendu compte qu’aucune maison, villa ou encore appart n’apparaissaient. Je ne parle pas de disponibilités, mais d’offres. Aucune. On aurait pu penser que tout le monde avait déjà fait ses réservations un an à l’avance, mais on aurait vu alors les annonces sur Airbnb, PAP.. et qu’il n’y avait pas de dispo sur la semaine demandée à ce moment-là. Or là, après moultes recherches, on a trouvé que deux annonces dans toute la ville : une villa un peu excentrée et un appart dans le centre. J’ai donc pensé que Cargèse devait être un tout petit village avec juste quelques maisons privées et appartements habités en son centre.. Ce qui expliquait que l’offre ne soit pas là. C'était la première fois que j'y allais et j'étais prête à percer le mystère de ce petit village Corse et à creuser comme j'ai l'habitude, pour en savoir un peu plus..

Mais je me suis alors posé la question..
« Mais où dorment donc tous les festivaliers ? »


On s’est décidé à faire une offre sur la villa. Malheureusement, on nous a répondu qu’elle était déjà prise. Là, c’était la panique. Je ne vous le fait pas dire.. Le temps passait, on était maintenant en avril. Le groupe ayant pris pour la plupart déjà ses billets, on s’est alors rabattu sur les campings, quitte à prendre plusieurs maisons/bungalows. On avait déjà checké les photos, fait des calculs sur les prix, on s’était dit « on prend lui et lui.. » bref, on avait fait des plans sur la comète. Il y a deux campings à Cargèse : Le Torraccia et Le Mandriale. Le premier qu’on a appelé était le Torraccia, là où il y avait les maisons/bungallows. Comment vous dire.. À peine j’avais commencé à parler, moi pensant que c’était tout bon et expliquant du coup tous les détails comme si on était déjà installés dans leurs mini maisons qu’on avait vues, la proprio du Camping s’est mis à sourire (oui je l’ai très vite compris même au téléphone) et à rigoler. Elle m’a tout de suite arrêtée, me disant que le camping était déjà complet depuis un an et que pour les bungalows, fallait même pas y penser.. Je crois que c’est à ce moment-là que tout le monde a compris qu’en fait on n'avait pas le temps et qu’il fallait se bouger maintenant pour pas partir en total roots level. Alléluia, le second camping nous a répondu favorable. Ils étaient même très accueillant par e-mail. Je vous avoues que ça a remonté pas mal le moral à ce moment-là.. Placé sur la nationale D81 et à environs 5min en voiture de Cargèse, ce camping abrite une ferme où ânes, vaches, lamas, watusis, yaks, lapins, brebis, chèvres et poules se côtoient (bon le coq à 7h du mat' c'était pas le must mais bon on s'y fait, personnellement je ne l'ai entendu que le premier matin, d'où le fait que je connaisse l'heure de son cri répétitif..). À pied, il faut quand même une bonne demie heure pour accéder au village et à la plage. C'est un camping calme et familial qui propose une restauration faite-maison le midi et le soir : tomates et salades du jardin, frites maison, entrecôtes et hamburgers gourmets avec de la viande directement prise de leurs propres boeufs.. Bref, un régal pour des prix vraiment bas. Et surtout un vrai plus lorsqu'on est venu qu'avec des tentes.


L’équipe enfin presque au complet à Valbonne, qui séjournait déjà depuis quelques jours pour se donner un avant goût de Cargèse, on a donc pris le ferry à Nice le lendemain où je suis arrivée, veille du Festival, direction Ajaccio, port le plus proche de Cargèse avec environ 1h de voiture - l’autre partie du groupe arrivant le jour même, c’est à dire le 3 août.
Avec une panne de ferry en pleine mer (oui oui) et un problème de voiture à l’arrivée, on est arrivé au camping vers 1h du matin. Autant vous dire que monter des tentes dans le noir avec la fatigue du voyage c’était plutôt nice pour débuter ! En arrivant, nous avons trouvé un propriétaire très chaleureux qui nous attendait pour nous expliquer où nous installer et nous dire quelques règles de vie, ayant viré un groupe la veille. Un grand terre plein avait été aménagé pour les festivaliers, plus loin des familles et de leurs campements, afin de faire moins de bruit même si les règles étaient les mêmes. Arrivés à l'emplacement, essayant de planter nos tentes dans le silence, nous avons trouvés d'autres festivaliers à peine éclairés qui discutaient tranquillement. Plusieurs couples d'amoureux et d'amis mais pas de grand groupe. Le proprio nous avait d'ailleurs dit qu'on était les seuls qu'il avait accepté. Vous devinez que le brouaha et bordel devait être dans l'autre camping..

Pour notre premier soir, nous avons donc dormi à même le sol. Voilàvoilà! Les pierres dans le dos et non les pieds dans l'eau. Du grand kiff, je vous le recommande. - Car oui, forcément, on ne vient pas avec le campingcar ou le tout-en-un tonnelle/gazinières, déjà qu'on avait au moins trois sacs par personnes, quoique certain juste un sac de sport (cc Yanis), du coup on a pas les gonfleurs qui vont avec hein.. - Une partie dormait donc soit sur des matelas, mais dégonflés (on a fait le tour des teufeurs réveillés au cas où mais c'était du grand roots ce soir là apparemment : certains dormaient sur des tapis récupérés à l'accueil - spéciale dédie à Simon), parfois en se rendant compte aussi que le matelas était crevé (merci papa, je t'aime quand même), soit directement sur la bâche de la tente, car d'autres.. bah n'en avaient pas du tout en fait. À part ça tout était bien organisé, sisi je vous jure.
NB; penser à acheter des matelas gonflables de plage demain.




Le lendemain matin nous sommes parti faire quelques courses, installer les derniers trucs du campement, déballer nos affaires ainsi que déposer les nouveaux matelas ou tout du moins à ce qui pourrait se référer à cette utilité ;). Après une petite salade maison improvisée au soleil, car la bâche installée par les propriétaires ne couvrait pas vraiment des rayons et de la chaleur, nous sommes parti en petit groupe découvrir la plage du Péro, où se destinait à être le festival en journée. En effet, Cargese Sound Festival était découpé en deux partie : l'une la journée, de 15h à 20h, qui se déroulait sur la plage du Péro, l'autre la nuit, de 23h à 7h du matin, sur la plage de Chiuni, qui borde, par une autre baie plus en haut, la Tour génoise de Cargèse nommée aussi Punta D'Omigna.

Sur la plage, il ne se dessine pas grand monde.. On se demande alors si c'est bien celle-ci. Les gens sont calmes, on ne croit pas un instant qu'un festival s'y prépare, là, au même endroit, à deux heures du commencement. Derrière nous pourtant, une petite scène finit de se monter, elle est décorée de petits voiles colorés qui me font penser à ceux vu sur Instagram sur des photos postées de l'an passé. On voit quelques personnes s'agiter autour, tester les basses. En face, un bar sponsorisé par Corona, Mattei et Pietra. J'ai cru pendant un moment que ce n'était qu'un petit espace d'un bar de plage, qui anime les après-midi le temps d'un été.. Nul part le nom du Cargese Sound Festival y apparait. On aperçoit aussi deux stands, qui ressemblent aux dynamisations typiques que l'on voit dans les soirées et Openings à Paris, du genre : prend une photo avec le hashtag #machinmachin, poste la sur Instagram et tu reçois en échange un cadeau brandé de la marque. Pourtant, aucun jeune sur la plage, juste un petit groupe d'italiens installés devant nous avec leurs bières, et éparpillés, plutôt des familles et des couples plus âgés..

En revenant au camp, nous avons fait connaissance avec les autres festivaliers présents, que l'on avait alpagués la veille pour un gonfleur, mettant enfin des visages ensoleillés et des prénoms sur ceux-ci. C'est donc parti pour 3 days de festival - jours et nuits. Après un petit apéro entre voisinage, tous installés en cercle grâce à des rondins de bois tel un feu de camp en pleine journée, on nous confirme que c'est bien la plage où nous étions. L'air un peu perplexes, on se dit que peut être les gens ne sont pas encore arrivés, vu que les ferries arrivent le soir, ou le temps d'arriver de l'aéroport et de poser ses affaires, ou encore qu'ils préfèrent arriver plus tard car le soleil tape sévère il faut dire.. 15h sonne. Après une bonne douche et parés comme il se doit, on se dit qu'il est fort possible que la plage reste en libre accès et qu'ils n'ont donc pas privatisé un espace définit. C'est vrai qu'il aurait été dommage de séquestrer les gens un après-midi sur quelques mètres carré d'une plage synonyme de liberté tant elle est longue et belle. On passe alors au Spar, dénicher quelques bières pour le chemin avant de rentrer dans le festival que l'on croit peut être couronné par des barrières et qu'accessible par des bracelets. Petit à petit, on descend la côte en voiture qui surplombe la plage de haut. De loin on voit la mer, et là surprise.. On y aperçoit plein de petits points noirs se décimer autour de la scène que l'on avait vue quelques heures auparavant. Arrivés au parking, on découvre des mecs vêtus du tee-shirt du Festival nous indiquant où se garer. Ce n'est alors plus le même parking, ni la même plage que l'on rencontre une nouvelle fois. Mais un tout autre décor, remplit de voitures et festivaliers cherchant à se garer. On longe le chemin, les basses se font alors entendre.. Plus aucun doute, nous sommes forcément au bon endroit.


L'ambiance est là. Il n'y a pas trop de monde, juste ce qu'il faut pour faire la fête et se sentir en festival corse comme il se doit, ailleurs, écartés du monde, dans un cadre plus qu'idyllique, à des kilomètres de tout et près des gens paradoxalement, très loin du Calvi too much et commercial.. On décide de disposer nos serviettes et sacs pas très loin de la scène, sonorités à l'oreille et basses rythmées dans nos coeurs, face à la mer. Tout de suite, on retrouve certains autres festivaliers du camping, arrivés avec leurs sacs pour continuer l'apéro sur la plage. La journée, le festival est donc ouvert à tous et laisse place à une plage longiligne rythmée et battante en son centre, où l'on peut soit consommer au bar pour un célèbre (et désolé, je l'adore toujours autant) Spritz, une vodka ou encore une petite Pietra, soit ramener nos propres mets. Je me permets d'ajouter, qu'il est bien évidemment convenu que vous retireriez tous vos déchets par la suite, mais j'ose penser que nous sommes tous éduqués et qu'il n'est même pas concevable de partir en laissant tout derrière vos miches.

La journée, le festival est très chill, on bonze, on se baigne, on sirote nos cocktails dans l'eau sur un matelas qui fait office de table, on va danser dans l'espace disposé en face de la scène, on se balade le long de la mer, on découvre les restaurant et autres bars disposés tout le long, on loue un paddle pour s'engouffrer plus loin, observant le tableau qui se dessine au loin d'un festival vivant, la musique résonnant au creux de l'oreille doucement en écho, bercer par le son et le crépitement des vagues..






À 20h le festival de journée s'arrête, c'est le moment où la plupart des festivaliers rentrent pour se doucher, aller diner et taper l'apéro (oui encore) avant de se redonner rendez-vous le soir, cette fois-ci sur la plage de Chiuni. D'autres, restent admirer le couché de soleil, finissent leurs derniers verres et profitent de la vue imprenable avant de rentrer lorsque le soleil a tiré sa révérence laissant place à une douce nuit éclairée par la lune elle-seule.

Pour aller à la seconde partie du Cargese Sound Festival, c'est donc de l'autre côté que ça se passe, à environs 30 minutes à pieds de notre camping et plus ou moins aussi de l'autre, lui légèrement un peu plus près. Des navettes de huit personnes sont à disposition des festivaliers (3euros par personnes) et y amènent en à peine 5 minutes. Et reprennent à partir de 4h du matin pour le retour.

Attention aux barrages de flics - c'est bien connu en Corse, côté sortie de boites et festosh, ils sont toooooooujours bien présents, là à vous attendre tranquillement, avec au menu des petits malinois bien trempés. Nous, on avait mis les bagnoles de côté pour le soir, on était venu pour faire la fête donc pas de prises de risques inutiles et bêtes.


Le soir, le festival commence à 23h, il se remplit vraiment vers minuit. Ici, on nous a donné nos bracelets tant attendus. Car là, le festival se déroule à huit clos. Non pas sur la plage comme pensé, mais dans un espace près du Club Med de Cargèse. Pas très grand certes, mais vu qu'on était pas 5 000, ça laissait quand même un espace vital plus qu'acceptable sans y voir un espace vide s'il aurait été plus grand. Je dirais qu'il y a eu 1500 personnes chaque soir, à noter que le festival est encore un peu nouveau ou du moins encore un peu secret (avec une création en 2011) et garde pour moi une âme loin de tous les Sonus et Calvi on the Rock qu'on l'on peut voir chaque été.. On y retrouve plus le sable de la plage, mais de la terre, on peut donc vraiment prendre nos aises et danser sans nous prendre les pieds dans des ralentisseurs sableux.

Même si le festival se transforme peu à peu en un rendez-vous culturel à renommée internationale, il conserve néanmoins un regard tourné vers la scène locale. Côté lineup, on retrouvait le soir (dans l'ordre) Joren, Black Coffee, tINI, Molly, Workerz, Marvin & Guy, Dj Tennis, Loop Exposure, Traumer, Margaret Dygas ou encore Derrick May, qui clôturait le festival au levé du soleil. La journée, quant à elle, laissait place à (dans l'ordre toujours) Le Disko, Charlotte, Rohmi, Funkastle, Fabio, Fÿm, Molly, Charlou, Groenogen, Ionescu, Mujila et Lowris, résident de la Concrète à Paris, qui a enflammé la dernière fin d'après-midi, le temps d'un couché de soleil cette fois-ci.

Il est vrai que le festival s'inscrit dans un genre particulier. Loin des grosses machines à fric et autres festivals côtés que l'on connaît, il s'implante lui dans un style où nature et identité s'y prêtent et s'y mélangent, mettant en scène alors un festival aux accents corses sans superflu. Même si nous avons passé nos soirées à danser, surtout celle du dimanche il faut l'avouer, nous avons aussi noté un petit bémol. Certes qui ne nous a point dérangé, puisque nous nous sommes entrepris d'amour sur toute la lignée des sons passés, mais qui à mon goût a peut être manqué.. Si vous n'aviez pas accès aux backstages, vous n'aviez pas d'endroit chill prédéfini. Effectivement, deux-trois palettes étaient disposées, peut être est-ce aussi une volonté des organisateurs, laisser le festival s'enivrer de la nature qu'il y côtoie, mais tables et autres dispositifs d'assises en plus auraient été aussi bien appréciés. Côté scéno, c'est vrai qu'elle avait de la gueule cette grande scène, mais idem ici, seul l'espace backstage était décoré de petits lampions, de suspensions et autres objets de décorations surélevés. On ne retrouvait plus l'ambiance colorée, presque boho, qui fait place au rêve, de la plage en journée..

Mais quel est le but des organisateurs ? Recréer des attaches au village pour les 20-35ans. Mais aussi mettre en évidence la beauté naturelle de la corse ainsi que sa scène électronique locale, même si le festival s’est entiché depuis quelques années de têtes d'affiches internationales, comme cette nouvelle édition le confirme. En s’associant à Centris Events (société espagnole et mère d'évènements tels que Brunch Electronik Paris ou encore OFFSónar), le Cargese Sound System devient le Cargese Sound Festival.





À 7h tapante, le festival se finissait. Tout le monde marche alors dans l'autre sens, rejoindre les navettes. Grave Erreur. Le troisième soir je ne vous raconte même pas comment on a couru. Arrivés à l'entrée, un amas de personnes, environ une centaine, attendaient déjà de pied ferme son tour. Fatigués de cette longue nuit et de cette folle journée qui l'a précédait, on n'a pas cherché à se poser de questions ou même à y réfléchir. On s'emmanche alors vers le chemin de retour, cette fois-ci, à pieds. Oubliant le long périple qui nous attend.. À priori, il faisait 30 minutes. Ne nous demandez pas comment, nous, on a mis une heure dix.

Sur le chemin, nous sommes tombé sur un mec qui laissait entendre qu'il connaissait un raccourci. S'en était sûrement un, mais se taper une rando parmi les ronces (et qui grimpe) à 8h du mat en sortie de festosh, ça réveille sec. Ceci est une figure de style. Arrivés enfin au camp, pensant s'engouffrer dans nos tentes pour aller tranquillement dormir - après une petite douche et bien installés dans nos draps - on s'est très vite rendu compte que c'était comme s'il ne s'était rien passé au bout de cinq secondes. La fraicheur connue en sortie de douche avait fait place, à peine allongés, à une chaleur plus qu'étouffante par un soleil passant sans priorité à fond à travers la bâche installée par le camping. C'est brièvement à ce moment-ci, têtes sorties de la tente, nous regardant dans le blanc de l'oeil, ne sachant pas s'il fallait rire ou pleurer, que l'on a compris que dormir serait un périple, et ce, toutes les nuits, du moins tous les matins. Seule solution, rejoindre la bande qui continuait doucement mais sûrement sa petite after, vue sur les terres, au petit matin, qui brûlait déjà par un soleil monstre.

L'autre problème, c'est que le sol était remplit de fourmies, qui n'hésitent pas une seule seconde à vous monter dessus et vous piquer. Alors, installer son matelas dehors est à ses risques et périls. À certaines heures, de l'ombre apparaissait près de petits arbustes, bon ok, il y en avait deux. C'est ici que tout le monde courrait se cacher s'il espérait pouvoir dormir, du moins dormir avec un grand "D". Pour ne rien vous cacher et vous dire la vérité, on a du dormir entre 30 minutes et deux heures par jour. Essayant de grappiller quelques minutes en plus, par des micro siestes sur la plage - abrités soit par un parasol pour les plus chanceux, soit par un matelas (encore lui!) de plage, minement enfoncé dans le sable pour tenir droit. Certains faisaient preuve de grande créativité, et cherchaient d'autres endroits dans le camp (copiés ensuite par d'autres, qui les devançaient de quelques minutes avant pour être sûr d'avoir la place, les autres matins), à l'oeuvre : le chateau gonflable des enfants, la terrasse du restaurant, l'ombre faite par une voiture garée (ici par contre fallait bouger toutes les 30 minutes pour la suivre).. Une sorte de cache-cache assez impressionnant.



Le dernier soir, j'ai fais la rencontre d'un groupe, qui venait ici depuis quelques années maintenant. Leur racontant notre périple pour trouver un endroit où dormir - en leur expliquant que je ne comprenais pas pourquoi nous avions vu seulement que deux offres de pieds-à-terre, surtout après avoir été témoin de plusieurs panneaux de publicités de locations meublées sur le chemin en voiture et dans le coeur de Cargèse (qui est d'ailleurs bien plus vaste que ce que j'imaginais, tant les petits chemins qui mènent à différents secrets culinaires ou culturels sont nombreux) - j'ai appris qu'ici, ça marchait surtout au bouche-à-oreille. Et que côté offre, ce n'était pas ce qu'il manquait. Certes, une grande partie réserve des mois à l'avance, mais en ayant les numéros annotés sur les multiples pancartes vues sur la route, on aurait pu clairement trouver un appartement en mars ou avril, à défaut d'une villa secrète qui ne peut que se délecter seulement si, "on connait". L'un me disait, qu'au moment même où on se parlait, certains avaient déjà réservé pour l'an prochain.
Énigme enfin percée à jour.

Pour en revenir sur le festival lui-même, on a trouvé que le fait de le séparer en deux permettait une réelle coupure, laissant vraiment place à deux espaces différents, deux ambiances différentes. En ayant ceci, cela évitait l'impression d'enchainer trois jours dans un seul et même espace, ce qui aurait pu être ennuyant, mettant en avant un goût de déjà-vu. Côté sécu, rien à redire pour ma part, une équipe charmante et présente pour les festivaliers, des gens drôles qui m'ont fait me rendre compte que la Corse est un petit monde où tout le monde se connait. J'étais bluffée qu'ils connaissent le petit village de pêcheurs où j'ai l'habitude d'aller, pourtant bien plus au Sud, ainsi que son histoire et celle de ses habitants, d'années en années.


Même si le soleil nous a bien cognés, et que parfois on était vraiment mais alors vraiment au bord du supplice, on en resort avec de beaux souvenirs, parfois rocambolesques faut l'avouer, mais tellement à mourir de rire maintenant ; avec une agréable surprise du Cargèse Sound Festival, dans un cadre qui change, loin de ce qu'on a l'habitude de voir, ou d'imaginer..


© Photographies Louise AVRIL
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