14 août 2018

Quelques jours d'été à Cargèse.. Visites et Explorations Corses

Nous sommes parti une semaine en août à Cargèse en Corse. Durant les premiers jours, nous étions au Cargèse Sound Festival (que je raconte ici), il nous restait donc environs 3 jours pour explorer et découvrir la ville et ses environs..

Cargèse (Carghjese en Corse) est un village situé en bord de mer, notamment connu pour ses deux églises qui se font face : une église latine (catholique) et une église grecque (orthodoxe), symboles du passage de civilisations très diverses dans ce port qui fut un lieu de refuge. Les deux ont une terrasse avec un panorama splendide donnant sur le golfe et le petit port. La ville fut fondée en 1774 dans le but d’abriter la communauté grecque exilée en Corse à l’époque génoise. En effet, Cargèse est peuplée de nombreux descendants de ces immigrés grecs qui arrivèrent en Corse au 17ème siècle pour fuir la domination de l'Empire Ottoman. Les deux églises ont longtemps partagé un seul prêtre, les offices ayant lieu alternativement dans l’une et l’autre, tantôt selon le rite latin, tantôt selon le rite byzantin. Le passé historique de Cargèse arpente encore les rues du village aujourd’hui.. Alors que l’île de beauté est marquée par une empreinte latine, Cargèse dévoile une architecture teintée d’hellénisme : des bâtisses blanches, de frontons en guise d'ornements.. C'est découvrir un village bien différent des villages corses traditionnels, où couleurs claires et chatoyantes se reflètent au soleil, donnant l'air d'un paysage à la fois grecque, mais tout aussi presque provençal, avec ses roses pâles, jaunes et oranges, qui me font un peu penser au village de Valbonne.


Pour notre premier jour (du moins notre premier jour free après le festival), nous sommes restés sur Cargèse, pour faire de bon matin, afin d'éviter les fortes chaleurs (que nous avons quand même eues au retour), la randonnée qui amène à la tour génoise de la Punta d´Omigna.

La Punta d’Omigna est située entre les golfes de Chiuni et du Pero. Le seul accès est un sentier, qui longe à la fois le littoral et le coeur de la pointe. Deux paysages s'y trouvent alors, l'un bordé par la mer, où roches, eaux turquoises et bateaux s'entremêlent, l'autre, ancré dans le maquis, où herbes sèches, chardons jaunes, immortelles et genêts scorpion se chevauchent et laissent un parfum dans l'air sous un soleil encore doux..
Cette petite randonnée commence dans la baie de la plage du Pero, tout à droite lorsque l'on est face à la mer. Vous descendez alors le petit chemin qui amène à la plage depuis le rond point du Spar, mais au lieu de tourner un peu plus bas sur le sentier qui y amène dans le virage à gauche, vous continuez sur celui de droite, pour prendre ensuite à gauche à l'autre intersection. Cette dernière rue est en fait un cul-de-sac. Vous passerez devant un petit parking puis quelques locations et arriverez devant une petite montée, escarpée de chaque côté de très jolies villas. Arrivé en haut, vous découvrirez un petit escalier au fond à gauche qui descend sur une petite crique cachée de la plage du Pero, mais qui est aussi l'entrée de cette petite marche, en tournant, arrivé en bas de celui-ci, sur un sentier à droite. Nous nous sommes garés au premier et grand parking central de la plage pour continuer à pieds et mieux découvrir cette partie de Cargèse que nous n'avions pas faite. Ce parking-ci borde le milieu de la plage du Péro, là on nous avions l'habitude d'aller lors du Cargèse Sound Festival en journée, et se trouve dans le premier virage à gauche (celui du début) qui mène à l'entrée principale de la plage près du restaurant la Paillotte A Piaghja.

Après une heure de marche, un troisième et dernier décor majestueux de sable et fleurs orangées vous y attendra, ici, au pied de la tour génoise. Nous avons d'ailleurs déjeuné au pied de la tour, sur les rochers escarpés qui donnent sur la mer, auprès de petites anémones rouges et de mini crevettes grises et transparentes, avant de reprendre la route et courir jusqu'à la plage tellement on avait chaud à la fin.. Le sentier est parfois ombragé et permet de pouvoir respirer lorsque le soleil commence à s'élever, passé 11h du matin. Aller-retour, cette randonnée met un tout petit peu plus de deux heures, elle est facile et vraiment jolie. Vous y verrez beaucoup de petits lézards, mais ayant pris le soleil ils ne sont pas très verts flash. Pour rentrer, vous pouvez soit, décider de reprendre le chemin à l'envers, soit passer par le sentier de Chiuni, de l'autre côté, en revenant jusqu'à la patte d'oie pour bifurquer à gauche et prendre cette fois-ci le coté Nord-Ouest de la pointe (en prenant le sentier qui longe le littoral). Arrivé à un mur de pierre, il vous suffira de prendre la direction du parking du Pero, qui reviendra vers votre point de départ initial.










Après ça, nous sommes donc remontés jusqu'au grand parking, là où nous avions déposé notre sublime Jeep, courant ouvrir le coffre pour se jeter sur la troisième bouteille d'eau, elle restée à l'ombre.. Prenant ensuite nos affaires de plage et notre élan direction : l'eau. Surprise, on y a vu Traumer, à peine à quelques mètres de nous. « Lève ta tête discrètement et regarde derrière mais discrètement hein, y'a Traumer.. -ah ouai!? Où ça où ça ? C'est lequel ? C'est lui ?? -MAIS LOUISE!! MONTRE PAS DU DOIGT JTAI DIT DISCRETEMENT ! »
(non non, on est pas des groupies..)
En rentrant, nous sommes parti demander au proprio s'il avait des restaurants à Cargèse à nous conseiller et qui valaient le détour. Ce soir-là, nous sommes donc aller dîner au U Serenu, spécialement recommandé par Lisandru, notre hôte, rue Colonel Fieschi. Cette rue est pour moi la principale du centre de Cargèse, où épiceries fines Corses, boutiques souvenirs et bars/restaurants s'y côtoient. En bas de celle-ci, vous trouverez la Mairie et la Poste, et un peu plus bas en tournant à droite, les deux églises. Enfin, en continuant encore un peu plus bas, vous découvrirez le port, qui lui abrite un tout autre décor avec quelques pépites fooding cachées.. Mais revenons à cette première adresse ; situé au coeur du village de Cargèse, le restaurant U Serenu est une belle adresse ombragée, proposant une carte colorée et généreuse, spécialisée dans une cuisine basée sur les produits corses et les grillades de viandes, tout en proposant aussi des pizzas.


Le second jour, nous sommes allés à Piana, à environs une demie heure en voiture de Cargèse. Ici, nous avons découvert un tout autre décor.. à la fois dans la ville, par son architecture typique où pierres sèches, granit rose et maisons blanchies s'étalent dans ce Bourg étagé en amphithéâtre, mais tout aussi par ses montagnes, ses pins et cette fraicheur qu'elle disperse autour d'elle. Fondé en 1725, et abritant moins de 500 habitants, Piana est un village perché sur une falaise de 500 mètres, aux ruelles escarpées bordées de jolies maisons fleuries (et classé parmi les plus beaux villages de France), au-dessus du golfe de Porto et faisant face aux presqu’îles de Senino et Scandola.
Nous sommes partis tôt le matin de Cargèse, afin d'éviter le cagnard pendant notre randonnée. Nous voulions voir et découvrir cette fois-ci les Calanques de Piana. Il y a trois moyens de les visiter : à pied, en voiture ou vélo et en bateau. Trois moyens donnant sur trois paysages différents. À pied, vous serez alors plongés dans les terres, forêts et montagnes, vous élevant ensuite au dessus d'elles et au point le plus haut des Calanques de Piana, arrivés au bout de cette marche. En voiture ou vélo sur la D81 - et d'ailleurs le moins confort, puisque la route est vraiment étroite et sinueuse ainsi que très touristique et que vous passerez une demie heure à essayer de vous dégager d'elle parmi les autres voitures qui stationnent n'importe comment - vous y verrez les roches rouges de formes extraordinaires, en pointes et pics tels des stalagmites à l'envers, sculptés par l'érosion et modelés par le temps, et la mer, au loin. En bateau par la mer, pour finir, vous découvrirez encore une toute autre vision d'elles, où les eaux turquoises et le silence des grottes se marient dans un spectacle à couper le souffle.

Après avoir acheté de quoi déjeuner le midi, et en ayant étudié les multiples chemins et sentiers de randonnées à pied des Calanques, nous nous sommes garés au parking du Stade de Piana, en sortant du village en direction de Porto (depuis la sortie comptez 5min). Ici démarrent plusieurs marches, nous avons choisi le Sentier Capu di u Vitullu pour couper ensuite, après être bien montés, à travers le Sentier des Roches Bleues pour redescendre sur la D81. Pour le prendre et débuter cette randonnée, il faut traverser le stade, puis la passerelle qui s'en suit, puis encore ensuite un petit pont en bois et tourner directement à gauche passé ce dernier. Vous rentrez alors dans une forêt et vous l'escaladez petit à petit en montant un chemin. À un moment vous arriverez à un embranchement, avec un chemin à gauche (ou plus ou moins tout droit), c'est le Sentier Muletier, à noter qu'il n'est d'ailleurs indiqué sur aucun panneau. Très beau aussi mais assez court (comptez moins d'une heure), il offre des points de vues à couper le souffle, presque dans le vide, au dessus des falaises. Nous, nous avons pris à droite, suivant le panneau du Capu di u Vitullu, un sentier moins connu qui, à tord, attire moins de randonneurs. Bon ok, en fait, on était parti pour suivre le Sentier Muletier, mais maintenant je comprend qu'on s'est trompés.. Néanmoins, c'est une très belle découverte. En effet, la plupart des randonneurs font le Sentier Muletier, car c'est celui qui resort le plus, voir même juste que lui en fait, dans les blogs de voyages sur Piana. C'est vrai qu'on a rencontré presque personne sur Capu di u Vitullu, mais j'ai envie de dire que c'est carrément mieux. Franchement, qui a envie d'une ballade avec un million de personnes qui piaille ou traine derrière ou devant vous ?
L'air est frai, ça sent bon le pin.. En plus, nous avions eu de la chance, ce début de journée faisait place à un temps un peu couvert où quelques nuages cachaient le soleil pour nous permettre de mieux apprécier cette jolie marche à travers la forêt et les montagnes. Sur le chemin, nous sommes tombés sur des chèvres, un peu flippettes sur le moment lorsqu'on a voulu les approcher pour les photographier, mais qui n'hésitent pas à avancer ensuite, en nous contournant, faisant tinter leurs clochettes dans le bas silence d'une forêt calme où on se sent loin de tout et de tous.










Après environs quarante minutes de marche en montée, vous tomberez nez-à-nez avec un gros tas de pierre disposé par la main de l'homme, avec plusieurs panneaux d'indications. Ici, il faudra suivre le Sentier des Roches Bleues, qui vous (r)amènera sur la D81 (comptez encore quarante minutes de marche, cette fois-ci, en descente).

Avec cette première randonnée donc terminée, et arrivés enfin sur la route, vous tomberez alors sur un chalet-restaurant nommé Les Roches Bleues. Cette jonction vous permettra d'ailleurs, d'admirer les Calanques comme par la seconde voie énumérée : la découverte par voiture ou vélo. On longe la départementale vers le bas, direction Porto et non Piana, pour trouver l'autre sentier qui finalise, lui, la découverte des Calanques à pied.

Environs 800 mètres après le restaurant, on tombe sur un petit parking : le parking de la Tête du Chien. Il marque l'entrée du Sentier du Château Fort. Cette seconde randonnée, qui utilise la ligne de crête, nous conduit à un promontoire surnommé Le Château Fort. Mais attention, non pas parce qu'il y cache un château comme beaucoup l'ont imaginé (oui oui, on a entendu, il y a eu beaucoup de déceptions.. « Mais il est où le Château ?? »), mais parce qu'il image une forteresse de pierre qui surplombe la mer, offrant une superbe vue sur le golfe de Porto et les Calanques de Piana. En moins d'une demie-heure, à travers une petite clairière puis des rochers rouges multiformes, marchant et escaladant un sentier sinueux, vous vous retrouverez sur une plateforme rocheuse, élevée au dessus de tout et des Calanques, dessinant un magnifique belvédère d'où l'on voit la mer : vous êtes à présent sur Le Château Fort. Concernant, la Tête du Chien, vous ne la verrez qu'au retour (le retour s'effectue d'ailleurs par le même chemin à l'envers), à l'entrée du parking. c'est un gros rocher qui laisse penser à un lévrier.. Oui, non.. J'sais plus, je me demande même si c'était vraiment le bon cailloux..


...


...
PARTAGER:

Aucun commentaire

Enregistrer un commentaire







© 2019 ROUGE AVRIL