27 août 2018

Une virée à Nice.. Découverte de Nissa La Bella, Capitale de la Côte D'Azur


Quand l'appel de la French Riviera résonne.. Cette fois-ci, je m'envolais pour Nice, découvrant enfin Nissa La Bella, de jour comme de nuit. J'y étais déjà venue auparavant, mais disons plutôt, brièvement. À vrai dire, je n'avais que déposé le pied dans une rue, sortant de la voiture un soir, pour nous engouffrer dans un club à 5 mètres à peine de notre portière, dont je ne connais même plus le nom d'ailleurs. Pour être honnête, c'était loin d'être la soirée de l'année de souvenirs.. J'étais déjà aussi passée en voiture dans le vieux Nice, un midi, pour rejoindre le port qui amène au ferry, et arpenté un doux matin, il y a quatre ans, l'avenue Jean Médecin pour remonter doucement à la Gare de Nice-Ville en sortant de l'after show du Hi Beach Party HiLovesIbiza à l'Elektrische. Bref, je ne connaissais encore rien de Nice..

J'ai toujours aimé lorsque l'avion commence sa descente sur l'aéroport de Nice, qu'il fait son demi-tour pour atterrir, qu'il frôle presque la mer.. et que ce panorama se dessine alors devant mes yeux. Ces bateaux qui battent les vagues, laissant derrière eux leurs sillages si longs et si extraordinaires sur l'eau.. Toutes ces petites traces comme faites à la craie, ces petits points blancs qui se mêlent sur une oeuvre d'un fond turquoise qui vire sur un bleu roi en tye-and-dye vu de haut.


Nous sommes parties à deux copines pendant cinq jours, Camille ayant un appartement près de l'aéroport dans les hauteurs, où la vue imprenable surplombait le tout Nice. J'allais moi ensuite passer quelques temps à Cannes, pour rejoindre ma famille et profiter encore un peu de la Côte et de son air marin que j'affectionne tant. La journée, il faisait vraiment trop chaud, et je ne mens pas si je pense oser pointer un bon 40 degrés au soleil.. Alors on se levait, tout en prenant un café à l'ombre, ou deux, et allions flâner auprès de la piscine dès 10-11heures du matin. « -Et la plage ? -Ouhla, j'crois que t'es pas prête ! C'est des cailloux, enfin des galets, ya pas de sable ! -Oui ok mais, j'ai déjà fait des criques en Corse, c'est des cailloux sableux aussi, avec même parfois des gros rochers.. Bah.. ça va hein ! -Ah non mais ce ne sont pas des petits cailloux là.. »

Avant de partir nous avions fait une petite liste, d'endroits secrets ou non, mais qu'il fallait faire. Dénichés et écrits avec soin par l'aide d'amis de Cannes, de la Colle sur Loup et autres.. Car pour moi, et ce peu importe où vous allez, les meilleurs endroits ne sont pas toujours ceux que l'on croit, c'est à dire ceux que l'on retrouve sur internet, d'ailleurs toujours les mêmes, relayés en veux-tu-en-voilà sur les différents blogs et plateformes tourisme. Non, pour moi le meilleur reste toujours celui de ses habitants, le presque secret et encore nouveau, celui qui change des conventions de la French Riviera et de ce que demande toujours la population qui y va.



En fin d'après-midi, et puisqu'il faisait déjà bien moins chaud, nous sommes descendues visiter un peu Nice. Passer le long des grandes artères et découvrir la petite vie qui s'y cache.. On longe la rue de France, commençant dans un décor d'une petite rue simple, on passe alors devant la Villa Massena, un Musée belle époque installé dans une des dernières villas de prestige du XIXe siècle de la promenade des Anglais. Donnant des deux côtés à la fois, elle abrite en elle, un jardin majestueux. En l'observant, elle me fait un peu penser à la splendide Villa Eden Roc, lorsque l'on marche sur le littoral du Cap D'Antibes et qu'on tombe nez-à-nez avec les barreaux de son parc, plongeant la tête au travers pour rêver.. Petit à petit, en avançant, on découvre une rue de France s'ouvrant sur un espace beaucoup plus large, tel un fleuve se jetant dans la mer, où sont disposés plusieurs bars, se chevauchant entre quelques boutiques mode et souvenirs. C'est vivant, ça bouge, ça rit et ça boit quelques coups avant que ne sonne l'heure du dîner. Puis c'est au tour de la rue Massena de prendre le relais, elle, arborée de grandes et immenses tablées de restaurants, toutes plus jolies les unes que les autres, dans une petite rue où cette fois-ci, il est difficile de se frayer un chemin tant l'espace restant est infime et densément peuplé. Après l'avoir arpentée et s'être faufilées entre les tables et les passants, nous tombons sur la fabuleuse Place Massena, où des jets d'eau attirent petits mais aussi grands. Cette place est d'ailleurs actuellement en rénovation, afin que toutes les façades soient maintenant ocre, donnant un rouge brique sur un sol damé noir et blanc plus ou moins psychédélique.


En descendant la place, on arrive alors sur le Vieux-Nice, où les couleurs chatoient de mille feux le sol et les murs du quartier, avec pour seule lumière, un jaune soleil mis à l'honneur à chaque coin de regard.. C'est l'heure d'aller dîner au El Merkado, rue Saint-François de Paule. Un bar tapas aux couleurs espagnoles qui propose une sangria rouge mais aussi blanche ! Il faut y arriver tôt, car très vite remplit, il est parfois difficile de se trouver une table sur la terrasse extérieure passé 19h. En arrivant, une seule petite table de deux ne se fait qu'entrevoir parmi la foule dignement installée sur les tablées collées entre-elles. C'était comme-ci elle nous était destinée, qu'elle nous attendait tranquillement pour nous montrer ce que Nice avait dans le ventre et débuter cette semaine parfaitement. Un serveur vient à nous pour nous demander combien nous sommes, on lui répond que pour le moment nous ne sommes que deux, mais que nous attendons d'autres personnes vers 20h30. Pendant que nous nous dirigeons vers notre petite table et qu'il nous tend les cartes pour commander, un autre nous lance un "pas de problèmes!", nous criant jovialement qu'on trouvera une solution sans inquiétude dès que nos amis arriveront. Au petit soin et super aimables, le serveur et l'autre homme, qui semblait être le patron, balayent en deux trois temps mouvements nos tourments, nous emmenant proches de la plénitude autour de merveilleux tapas, d'une sauce à s'en mordre les lèvres et d'une sangria blanche à se damner. Conquises, même en voyant la terrasse brouhahasante se remplir de plus en plus, la foule occupant maintenant aussi l'intérieur, nous profitons de ce petit moment niçois au soleil couchant qui donne un certain air rubis au ciel qui s'assombrie doucement.

21h sonne. Nos amis sont là, d'ailleurs avec d'autres amis à eux. Au total, nous sommes un peu plus d'une dizaine. Nos deux serveurs, ayant vu le spectacle, nous lance alors un regard confiant face à nos regards, eux, inquiets, en vue de notre seule table qui ne pouvait en accueillir encore qu'un. Balayant la terrasse d'une seconde et en un claquement de doigt, ils dénichent alors des chaises sorties de nul part et sortent une table la collant à une autre, décalant un groupe, nous faisant ensuite signe de venir pour nous installer. Bluffés, on applaudit. Déjà bien choyés par l'équipe du Merkado et après quelques heures, plusieurs verres et deux planches, un serveur s'approche et sort de son dos, comme pour jouer d'un effet de surprise, un gigantesque plateau de shooters et téquila aux parfums méticuleusement bons, nous lâchant un "offert par la maison, passez une belle soirée les parisiens !" avant de repartir vers la foule criante, qui avait soif d'autres pépites. Ah bah c'est sûr que là, on était pas parti pour rentrer après ça..






Il est 1h du matin, on commence à parler avec les serveurs sur les possibilités de soirées après ça.. Rien. Une impression d'un Nice mort passé deux heure du matin. On sort de table en s'installant face au bar, devant, en attendant, le temps que chacun paye. En sortant de la caisse, je commence à discuter avec l'homme qui semblait être le patron, il m'explique que depuis les heures sombres de l'attentat à Nice il y a deux ans, en 2016, plusieurs restrictions ont été mises en place, notamment sur l'heure de fermeture des bars et soirées. Faisant de Nice, une ville vide la nuit lorsque 2h30 se fait apercevoir.. Seuls quelques clubs sont alors ouverts. Je lui répond que je ne comprends pas, que c'est de cette manière que nous nous recroquevillons. Il acquiesce. Puis il m'explique que Nice a aussi perdu en tourisme, même si cela commence à remonter et que la ville est de plus en plus renforcée, certains établissement le ressentent. Moins de gens sortent la nuit, alors moins de choses restent ouvertes. De plus, avec les récents évènements tragiques de rixes qui se sont multipliées en clubs, plusieurs d'entre-eux ont été fermés temporairement par arrêts préfectoraux. À l'image, Le Village et le Kiss Club à Juan les Pins. Ou encore lorsque Jean Leonetti, maire d'Antibes, a révélé sa décision de vouloir soumettre les clubs à une fermeture à 2h30 durant une période définie cet été 2018.. Face à cette mauvaise publicité faite par le manque de modération du maire, cette déclaration a eu un impact national et de nombreux clients pensaient que tous les clubs étaient fermés à 2h30. Cet été là, on a d'ailleurs remarqué que beaucoup de soirées finissaient à 2h30, que ce soit celles dans la ville, dans les espaces de Casino ou dans les clubs privés sur la plage. Seuls le High Club et un certain Kwartz restaient ouvert jusqu'à 5h..

« -Il y a le Kwartz sinon, juste à côté ? C'est quoi ? Qu'est ce que vous en pensez ? -Mhh.. » Il souri. « Allez tester, vous verrez bien.. ! » me lance-t-il en rigolant. Je comprends tout de suite. Je rigole à mon tour, tout en grinçant légèrement des dents « Au moins on l'aura fait ! Puis on aime la Techno vous savez.. » Je suis sceptique à ce moment-là et je commence à faire la moue, mais bon, allons s'y, de toute manière, tout le monde à l'air de se chauffer. Certes, ils y passent de très bons artistes, mais l'endroit en photo ne m'avait guère vraiment attirée.. Il paraissait petit et surblindé sur le peu d'images postées sur Instagram.

Bon, je vous laisse le soin de voir par vous même aussi hein. Moi, en tout cas, j'ai tenu deux heures. Et je ne sais même pas comment j'ai fait. La chaleur, il ne faut même pas en parler, surtout dans un fumoir digne du Nouveau Casino, rue Oberkampf. À peine rentrée, j'ai découvert un espace encore plus petit que celui que j'avais imaginé, lui déjà d'ailleurs bien trop insoutenable pour moi, alors je ne vous raconte pas même pas pour le vrai.. Oui la musique est top, mais pour moi l'espace joue beaucoup, avant tout de chose, et là clairement, c'était pas possible. Encore moins en plein été. Après chacun aime ou n'aime pas. Certains du groupe sont d'ailleurs restés, d'autres sont aussi partis comme moi dans la nuit. On a tous passé une bonne soirée, je l'ai vu, je l'ai fait, c'était sympa mais pas toute une nuit de vacances, pour moi en tout cas. Je ne crache pas sur le club loin de là, car il est une belle avancée du milieu électronique sur la Côte. Ouvert depuis septembre 2016, le Kwartz Club n'est effectivement pas le plus grand, ni le plus spacieux ou le plus célèbre, mais c'est avec certitude l'un des clubs participant le plus activement à la qualité des nuits niçoises par sa programmation House et Techno pointue, à la fois pour ses habitants chaque weekend, mais aussi pour ses visiteurs. Il est vrai qu'à Paris on est peut-être aujourd'hui trop exigeant face aux autres villes lorsqu'on y est, du fait du nombre incessant de soirées s'opérant dans des espaces gigantesques dans notre ville lumière. En fait, je me dis qu'on a de la chance d'avoir cette offre si vertigineuse et ces nombreuses personnes faisant de Paris une réelle fête, et que c'est grâce au Kwartz qu'il y aura peut être très vite un jour, beaucoup plus à Nice. Mais c'est surtout une avancée, car il ouvre à la musique électronique, loin des High Club et autres qui suffoquent d'électro, permettant donc à des personnes de pouvoir voir, et découvrir peut être, autre chose. Ouvrant sur une manière différente de faire la fête, par sa musique mais aussi par ses gens, malheureusement encore trop vus d'un mauvais oeil par sa population Azuréenne, pour changer des stéréotypes de la French Riviera..


Le lendemain, je suis partie tester la plage, que je n'avais jamais vue, avec un ami qui était de passage sur la Côte. Oui, cette fameuse plage remplie de galets gris et blancs. Parés de natte en coton à mettre sous la serviette pour éviter de grimacer lorsqu'on est allongés, on se fraye un chemin parmi les olds déjà bien tannés par le soleil d'une Côte d'Azur brûlante, s'installant pas trop loin de la mer afin d'éviter de ne faire trop de mal à nos petits pieds.


Après une belle matinée, d'instant bronzage ou autre, un endroit propice à la Dolce Vita nous a été soufflé.. L'Altra Casa, une petite ruche bourdonnante qui anime la place du Général de Gaulle, ouverte sur quatre points cardinaux et empiétant sur le marché de la Libération. Avec sa grande terrasse devant son épicerie, ses chaises longues et son babyfoot, cet endroit mêle une ambiance conviviale et populaire, invitant son spectateur ou simple passant à venir y boire un verre tout en savourant du fromage ou encore de la charcuterie d’Italie, par une carte proposant des spécialités Italiennes en direct des producteurs - le tout, en admirant parfois des Lives de musiciens ou en planant sur des petits djsets, qui animent régulièrement l'endroit. On s’y arrête à tout heure de la journée : vivant au rythme de la ville, cette pépite est ouverte en semaine non stop de 6h à 23h, assurant petits déjeuners, brunch, apéros, déjeuners et diners, hormis le weekend où ils ferment le soir.




« À la Casa di Giorgio, nous étions dans un format restaurant avec un vingtaine de couverts. J’avais envie de créer un lieu tout aussi chaleureux mais dans l’air du temps, plus informel afin de développer ce coté apéro, un peu comme ces cafés en Italie où l’on peut se restaurer à toute heure et pas seulement d’une carte de snack, mais avec des spécialités locales et de bons produits du terroir. Nous tenions aussi à avoir une politique de prix qui puisse permettre à cette table d’être un rendez-vous populaire, festif, accessible au plus grand nombre. » Yoann Giorgio




L'après-midi se prête ensuite à la flânerie, avec une petite ballade au Parc de la Colline du Château, un parc historique perché sur une colline, offrant une vue spectaculaire sur le tout Nice par un panorama à 360°. Il y a quelques millénaires, la Colline du Château fut le site choisi par les Grecs phocéens pour établir leur comptoir et fonder ainsi la ville de Nice. Elle fut ensuite le siège du Château, aujourd’hui disparu, qui protégeait la ville médiévale. C'est aujourd'hui un parc de plus de 19 hectares qui surplombe la ville de Nice et offre une vue splendide sur la Baie des Anges mais également sur le port et la mer. Jadis berceau de la cité, ce véritable labyrinthe de verdure offre calme et tranquillité dans la fraîcheur de ses sous-bois qui regorgent en eux, une somptueuse cascade artificielle.



Entre le soleil couchant et la nuit tombée, trois autres lieux se prêtent, quant à eux, à l'heure de l'apéro. Le Bolybar, rue Rosséti, présente une jolie terrasse colorée et fleurie à l'abri de la foule touristique, abritant un bar, légèrement underground, qui propose des djsets house, tech house et techno, tout en dégustant musicalement des cocktails faits-maison. Le Bleu Nuit, rue Bavastros, est, en début de soirée, un charmant restaurant de quartier. Un petit bijoux pour dîner, boire un verre et écouter des sonorités distillées avec maestria. Il se transforme alors en bar à cocktails branché la nuit tombée, combinant élixirs hand-made et djsets enivrants. Le P'tit Bar, petite soeur du même nom et lieu d'anthologie à Cannes, est maintenant aussi présent à Nice. Bar de copains, il propose lui des Lives techno, accompagnés d'une carte de cocktails et toujours, de petits bonbons, comme signature.


Effectivement, d'autres acteurs de la scène électronique apportent beaucoup en terme d'évolution, en faisant bouger la Côte chaque été : Les soirées Limelight ou encore le célèbre Bal Des Fous, les Picnik Factory ou encore aussi depuis peu celles de La Cour Des Miracles (une association produite entre Welcome Production, le Kwartz Club et la Ville de Nice), le Festival Crossover ou encore celui des Plages Électroniques, tout deux crées par Panda Events, les collectifs Vertigo et Elektrische, Face..
Néanmoins, ils restent ponctuels, un environs par semaine, et parfois lorsque vous avez de la chance, vous pouvez tomber avec deux s'enchainant sur la même semaine. Ces évènements sont ancrés dans la musique électronique (house, tech house, techno) mais proposent aussi une culture pop avec des artistes comme Lomepal, Angèle.. Et animent clairement l'été sur toute la Côte D'Azur, en y faisant même descendre les gens.

Pour notre last day, nous avons eu le droit à un Bal des Fous, un dimanche au Palais des Festival à Cannes. C'était notre premier. Un joyeux bordel où tous le monde se déguise, mais alors vraiment tous le monde, en suivant le thème imposé de la soirée. Une des rares fois où j'avais vu ça, même chez nous, les Alter Paname ou encore Otto 10, y'a quoi, allez.. 60% des gens qui jouent vraiment le jeu ? Et je peux vous dire que là, les mecs à l'entrée ne rigolaient pas, si vous n'étiez pas déguisés c'était hop dehors, par ici la sortie. On a joué la carte du « On vient de Paris, on ne savait pas, on vient d'arriver, on est là en vacances on n'avait pas notre valise déguisement.. C'est trop triste on nous parle depuis si longtemps de cette soirée ! On voulait trop la faire et la découvrir ! Mais on a mis des paillettes.. regardez.. et j'ai des fleurs sur mon short (ici le thème c'était tropical et animaux, ok j'avoues les paillettes y'a pas de rapport, mais ça passeeeee toujours crème, les paillettes c'est la vie.) » Coup de chance, les mecs ont été sympas et on est rentrés AMEN. Franchement, on avait vraiment fait au max avec ce qu'on avait. Ah oui, j'avais oublié de parler de la queue.. haha ça non plus j'avais jamais vu, les belles époques du Wanderlust n'y arrivent même pas à la cheville, on pourrait alors comparer à celles de la Concrete et encore, pas sûr.. Bilan ? Une superbe soirée, pour finir en beauté cette petite escapade à Nissa La Bella.
Merci Mozart, encore une fois..




© Photographies Louise AVRIL
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