25 sept. 2018

Partir au Mexique : États du Yucatan et de Quintana Roo. Peurs, Aprioris.. et Réalité. Deux Semaines avec comme Point d'Ancrage, Playa Del Carmen


Baigné des eaux de la Mer des Caraïbes, l'État de Quintana Roo, né en 1974, offre à ses visiteurs une beauté naturelle imposante dans une ambiance pleine d'Histoire et de flâneries sur la Riviera Maya. Le Quintana Roo a des zones touristiques très populaires, c’est d’ailleurs l’état le plus visité du Mexique. Il conjugue une abondance incroyable de sites mayas, une profonde et épaisse jungle et un littoral spectaculaire abritant quelques petits coins de paradis.

L’État du Yucatán connaît moins le tourisme de masse que le Quintana Roo, son riche et clinquant voisin. Destination sophistiquée, cette région est parfaite pour les voyageurs qui s’intéressent plus à la culture qu’aux plages..

Situés dans la Péninsule du Yucatán (qui comprend trois États : le Campeche, le Yucatán et le Quintana Roo - d'ailleurs la plupart des touristes ignorent cette distinction, le terme de Yucatán étant généralement utilisé de façon générique pour désigner l’ensemble de la péninsule), ces deux États ont été témoins du développement de la civilisation des mayas, entre richesses gastronomiques, culturelles et archéologiques, qui font d'eux la destination favorite des touristes mexicains et étrangers. Il y a d'ailleurs encore, parmi ses habitants, des groupes indigènes qui ont transmis de génération en génération les traditions qui maintiennent vivant l'héritage de la culture maya. En effet, la péninsule du Yucatan fut le berceau de la civilisation maya avant l'arrivée des espagnols qui prirent définitivement possession des lieux au XVIème siècle. Les indiens représentent le quart de la population du Yucatan. Ils sont les garants du patrimoine linguistique, architectural et culturel de leurs ancêtres.


Le Mexique, dangereux ?

Lorsque l’on suit les actualités, on est en droit de se poser la question. Insécurité, enlèvement, guerre de cartels, trafics, corruption, violences.. C’est clair, le Mexique n’est pas un pays connu pour sa paisibilité, où il ne se passe rien. Et les médias ne font ressortir ces dernières années que le pire de cette destination.

Il faut nuancer ces nouvelles effrayantes comparé à la taille du pays et aux différences existantes entre les multiples régions. En effet, le Mexique est un pays très grand. Il se compose de 32 régions États et c’est plus de 3 fois la France en superficie. Oui, certains endroits craignent plus que d’autres mais n’étant pas forcément touristiques, il est plutôt facile de les éviter afin de réduire les problèmes. Ensuite, de manière générale, le Mexique n’est pas si dangereux pour le voyageur lambda. Si on est impliqué dans aucun trafic et que l’on n’a rien à se reprocher, il peut difficilement arriver quelque chose dans ces deux Etats. La petite mésaventure qui arrive le plus souvent, c’est un racket de la police, qui demande de l’argent pour une raison justifiée ou non. Ou quelques malchances avec les prix que l'on vous donne. Mais oui, le risque zéro n'est pas impossible.

Le plus important est se renseigner à l’avance sur les lieux, les cultures, les modes de vies et les codes à respecter. Comme n'importe quel autre voyage. Ce qui compte, c’est la compréhension et la connaissance du milieu dans lequel on évolue. Mieux on arrive à cerner ce qui est normal, plus facilement on repère ce qui ne l’est pas. Après tout, on a toujours plus peur dans un environnement qu’on ne connait pas, éloigné de ses habitudes et dont on ne maîtrise pas les codes. La compréhension du pays, de la région et de sa culture est donc un facteur clef pour se préserver du sentiment d’insécurité et limiter au maximum l’insécurité réelle. Lorsqu’on connait une arnaque, il y a moins de chance que l’on se fasse avoir. Bien entendu, dans un pays comme le Mexique, que vous soyez à Playa Del Carmen ou à Mexico, il en va de ne pas afficher sa richesse si vous ne voulez pas attirer l'oeil..



La culture du Mexique est le résultat d’un mélange complexe de civilisations précolombiennes et hispaniques, auquel s’ajouta plus tard l’influence de la France, de l’Allemagne ou encore des États-Unis. La culture mexicaine est très forte et se propage dans le monde entier.. Vous aurez sûrement noté qu'à Paris, la tendance explose depuis un an. Il faut dire qu’il est facile de s’immiscer dans la vie des mexicains, d’adopter leurs traditions, leurs coutumes, leur gastronomie et leur musique car tout est fait de joie, de senteurs, d’allégresse et d’envie de mordre la vie à pleines dents.

Les mayas vivaient et vivent encore dans le sud du Mexique dans la Péninsule du Yucatan. Ce peuple méso-américain a produit de nombreuses œuvres. Expliquant par leurs peintures, leur mode de vie, leur art de la guerre, leurs coutumes et leurs croyances.

On a recensé plus de soixante langues originaires du Mexique, dont la langue officielle est l’espagnol. Cinq millions et demi de mexicains parlent également une langue autochtone. Dans l’ensemble du pays, huit cent huit mille personnes parlent exclusivement une langue amérindienne.


Se Déplacer

Plusieurs moyens de transports existent au Mexique si vous n'avez pas de voiture de location.


Pour les longs trajets (plus d'une heure), les bus et autocars aux gares routières sont préférables, vous les trouverez à la Gare ADO des différentes villes. ADO étant la compagnie la plus connue.



Pour les petits trajets (moins d'une heure), il y a les Colectivo, des minis-bus locaux d'environs 12 places, voir plus parfois haha car certains Mexicains sont debout lorsqu'il n'y a plus de place.

Tous climatisés, ils sont souvent plus sympas et plus confortables voire même souvent plus propres que les grands autocars ADO etc. Leurs trajets s'effectuent par zones, de 20 à 45 pesos (et jamais plus !) en fonction de la distance, et ces prix ne bougent pas. Ils passent toutes les 10min voir parfois moins. Un Colectivo relit une ville à une autre (exemple : Playa Del Carmen à Tulum, ou inversement, puis il faudra en prendre un autre si vous désirer aller dans une autre ville plus loin. Par exemple si vous êtes à Tulum et que vous désirez aller à Cancun, il faudra faire Tulum-Playa Del Carmen, puis reprendre un autre Colectivo qui lui fera Playa Del Carmen-Cancun). Entre deux villes, le Colectivo s'arrête à chaque point, il suffit de lui demander lorsque vous voyez votre destination arriver et/ou de lui préciser avant de monter où vous voulez vous arrêter si vous ne connaissez pas, car il s'en rappèlera (cénotes, parcs, lacs, plages, villages.. bref, tout ce qui se trouve entre). Vous payez à la sortie. Toutes les entrées d'activités se trouvent sur les routes principales, pour celles reliant Playa à Tulum, c'est donc la route 307. Attention à ne pas avoir peur, ils bombardent sur la route;)
Playa Del Carmen - Tulum : 45pesos (40min)
Playa Del Carmen - Akumal : 35pesos (30min)

Reste ensuite les Taxis, eu plus chers forcément, mais importants lorsque vous êtes coincés car il n'y a plus de Colectivo ou autocars pour repartir d'un endroit.

NB; Vérifiez toujours les horaires de retours des bus (ou demandez au Chauffeur pour les Colectivo) car dans certains endroits hors villes, par exemple à Coba où on s'est bien faites avoir, les derniers retours s'effectuent à 16h, ouioui..


Manger

Pour faire vos courses vous même, des supermarchés existent : Mega et Super Aki pour les grosses courses, Six et Oxxo pour les courses d'appoints (on y trouve de l'eau, des boissons et quelques trucs casse-dalle style sandwichs, chips, gâteaux..). De plus, vous trouverez d'autres nombreux mini-market dans les rues des villes. Le Dimanche, il y a le marché.

Concernant les plats, plusieurs spécialités existent. Pour ma part, je vous avoues que j'ai eu l'impression de manger la même chose à chaque fois.. Certes les présentations sont diverses, mais les aliments restent souvent les mêmes. On retrouve la fameuse tortilla à la farine de maïs avec comme garniture, soit de la viande (ok cuite de différente manière, là je suis réceptive), soit du poulet (idem pour les différentes cuissons) et des oignons, de la salade, de la tomate et du fromage. Le tout agrémentés de sauce, piquante ou verde.

Le Mole Poblano est le plat national mexicain, il s’agit de viande de dinde nappée d’une sauce aux piments, épices et noix, avec un peu de chocolat amer. Les Chiles En Nogada sont des piments verts fourrés de viande hachée et d’amandes, nappés d’une sauce blanche aux noix et garnie de pépins rouges de grenade (vert, blanc et rouge, les couleurs du drapeau). Les Tortillas, crêpes de maïs ou de blé, sont un des éléments de base servant à envelopper et saisir les aliments. Les Tacos sont des tortillas froides ou chaudes, fourrées de viande cuisinée, souvent garnies de guacamole, crème et sauce. Les Tostadas sont des tortillas frites garnies de haricots, poulet, salade, guacamole, crème aigre ou fromage. Les Totopos sont des chips de tortillas triangulaires. Le Guacamole est une purée d’avocats qui sert aussi à farcir les tortillas et accompagner de nombreux plats. Les Quesadillas sont des tortillas frites, fourrées de fromage, de champignons, de chorizo, de poulet ou encore de viande et pliées en deux. Les Enchiladas sont des tortillas frites, fourrées de fromage, oignon, poulet, épinards, bacon.. roulées et nappées de sauce. Les Panuchos sont une spécialité mexicaine du Yucatan, faite avec une tortilla frite garnie d’haricots noirs frits, de rondelles d'oignons rouge, de poulet ou de dinde, de salade verte, de tomates et d’avocat. Les Huaraches ou Garaches, où sont disposés fromage et viande au choix, sur une base de masa frit. Les Gordita de Chicharrón, des tortillas épaisses bien garnies, fourrées aux haricots rouges et au fromage.


Les Prix

Je commencerais par dire que 20pesos est égal à 90centimes d'euros, quasiment 1euros si vous voulez faire un calcul rapide pour de plus grosses sommes. On a fait les courses dans différentes villes et Playa Del Carmen demeure la plus chère, bien haut la main. En faisant les courses dans le grand Mega pas loin du Centre, on a comparé les prix à un Carrefour français : sur le total du panier on a gagné quelques chose comme 1,50euros, c'est pour vous dire.. Les prix étaient quasiment les mêmes qu'en France, voir parfois plus chers. Tulum reste moins cher, et Valladolid encore moins. Bien évidemment, il faut aussi éviter les endroits touristiques, c'est à dire en dehors des grandes allées les plus connues. Aventurez-vous. Certes, les choses restent quand même dérisoirement à des prix vraiment bas, et on peut manger par exemple au restaurant pour vraiment peu.. D'ailleurs limite moins cher que faire des courses. Si c'est un endroit local, vous pouvez manger pour 20 à 50 pesos, si c'est un endroit dans une zone touristique, entre 50 et 200 pesos. Après, dans les hôtels, comptez 300 à 800pesos. Ne pas oublier, que même si toutes les villes et villages ne sont pas forcément explorés par les touristes, ces deux États demeurent les plus visités du Pays.

Une bière achetée dans un petit supermarché, par exemple :
11pesos à Valladolid
14pesos à Tulum
23 pesos à Playa Del Carmen


Et les Mexicains dans tous ça ?
Nous avons rencontré de charmants mexicains, qui n'hésitaient pas à nous aider. Néanmoins, d'autres, comme les Taxis pour la plupart ou les vendeurs, bref tout ceux où il y a de l'argent à se faire, étaient prêts à dire n'importe quoi sous peu que vous achetiez, tout en vous alpaguant, presque en vous forçant la main oppressement. Un conseil, renseignez vous à chaque fois, sur les prix ou les endroits où vous voulez aller. Un taxi, sachant pertinemment qu'un endroit est fermé, vous prendra et ce, sans vous le dire. Et si cet endroit est en dehors de la ville, il vous faudra alors prendre le retour. Idem pour les vendeurs des Ferries qui amènent aux Îles, qui vous montrerons des paysages datant de trois ou cinq ans, vous assurant qu'il n'y a pas d'algues à certains endroits et je gagne à voir votre tête, lorsque vous aurez cette sacrée surprise, arrivés. Ou un Taxi/complexe beachclub sur l'Île, vous disant carrément qu'il n'y a pas de plages publiques. Ou encore même à l'inverse, un Taxi qui vous dit que celles qui existent sont envahies par les algues (là on pense, ouai le mec est cool il nous dit ça sans rien gagner en retour), mais qui vous propose juste après avoir soufflé en faisant la moue pour nous, l'air compatissant, une alternative avec un mini billboard correctement plastifié bizarrement, sur deux plages privées avec des offres d'entrées, nous assurant que pour lui, un local, c'est la meilleure chose à faire. Et arrivé là bas, vous ne trouverez que des taxis garrés dans le parking privé, tel un partenariat organisé..
C'est triste à dire, mais les seuls qui disaient la vérité ou nous indiquaient des bons coins sans avoir à payer d'entrées, se compte sur les doigts de la main.. Mais ce qui est fort beau, c'est que ceux-ci sont venu à nous, de bonne foie et sans qu'ils ne soient sollicités.

J'ajouterais que j'ai eu l'impression que les mexicains vivaient dans leur bulle, un point égoïstes, presque égocentriques, même s'ils sont très famille et de loin très solidaires entre eux, leurs manières de se comporter en public et dans la vie de tous les jours, laisse à penser cela.. Je m'explique, dans les Colectivo, de nuit comme de jour, alors que certains vont travailler ou dorment après une journée plus qu'épuisante pour recommencer le lendemain très tôt, la plupart n'hésite pas à mettre leur musique sur leur téléphone ou à checker des vidéos Facebook en mettant le son fort comme s'ils étaient chez eux. Cela fait que parfois, sur 12 personnes, 8 poussent différents sons sans se préoccuper des autres ou même d'un savoir-vivre quelconque. Et personne ne ronchonne. Parfois, ce sont les enfants, qui poussent, crient ou encore jettent leur glace à la cuillère pour jouer sur le parterre d'une salle d'attente pour prendre les Ferries, sans que personne ne leur disent rien, quitte à dégueulasser le sol d'une compagnie de Ferry tranquillement. Et pour ce qui est de faire la queue, je n'en parle même pas.. Tous dépassent à la vue des autres pour être les premiers, en faisant rentrer avec eux leur famille entière ou leurs amis, soulevant les barrières prédisposées et passant devant une cinquantaine de personnes normalement, presque en rigolant. Et là toujours, personne ne dit rien. Personne n'y fait même attention. Une sorte d'allégresse juvénile qui coordonne un mode de vie sans responsabilités.

Ah oui aussi, notez que la nuit tombe à 19h, et que pas mal de lieux touristiques ferment leurs portes à 16h/17h (ruines, cénotes, lacs, plages privées, réserves naturelles..).


Nous sommes parties à deux copines, chez à un ami à nous qui s'est installé à Playa Del Carmen depuis trois ans maintenant, au mois de Septembre, un moment où les foules touristiques sont moindres et où l'on peut donc goûter à la vie locale dans de meilleures conditions.. Le mois de Septembre est connu pour ses fortes averses, en effet, c'est la saison des pluies au Mexique. En lisant divers forums et blogs, j'ai pris peur. J'ai vu cela bien après avoir pris mes billets.. Je me disais : adieu soleil et plages.. ? Certains racontaient avoir eu de la pluie durant tout le mois, ne pouvant alors pas visiter quelques sites ou lacs qui demeuraient fermés pour inondations. Bref, ce qui ressortait, c'est qu'il pleuvait six jours sur sept.. Et tous, déconseillaient d'y aller en Septembre.

On est restées un peu plus de deux semaines, et je vais être honnête, on a eu vraiment que deux jours de pluie, et encore, ça durait le temps d'une matinée ou d'une soirée, pendant la nuit. Le reste du temps, c'était des averses qui durait quelques minutes voir max une heure. En regardant la veille à chaque fois la météo sur les divers endroits et villes que l'on voulait faire, on a pu se faire un emploi du temps, parfois en changeant la veille car la météo évolue beaucoup, nous permettant de faire a peu près tout ce qu'on voulait. S'il pleuvait à Tulum, à Valladolid à l'inverse, c'était par exemple un grand soleil. Je dis ici à peu près car on manquait de temps et aussi d'argent pour vraiment tout faire. Installées à Playa Del Carmen, il fallait compter le trajet d'aller mais aussi de retour. Et c'est vrai que parfois le temps de trajet (qui aurait été plus long que les moments passés sur place par exemple) et ses coûts qui gonflaient plus il fallait aller loin (car comme je vous l'ai expliquer il faut prendre plusieurs bus, Colectivo.. pour se rendre à des points si hors de la ville), faisait que, si on avait pas dormi sur place, cela nous était impossible. Et ce n'est clairement pas le temps qui nous a découragées ou empêchées.
Vous le verrez d'ailleurs sur les multiples photographies, si vous restez encore un peu perplexes ;)
On a vraiment eu aussi plusieurs coup de bol, voir quasi que ça limite. Lorsqu'on partait et que la météo prévoyait de la pluie, elle tombait lorsqu'on était dans le Colectivo, et arrivées sur place on avait un grand soleil sur toutes les heures passer à explorer et visiter un ou plusieurs endroits, et lorsqu'on rentrait, le soir, la pluie se remettait à tomber. Franchement, ça nous est arrivé tous les jours lorsque la pluie était indiquée. Ici, la pluie est de passage, des nuages passent et disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés. Pour que vous puissiez mieux imaginer, il pleut pleuvoir par exemple sur la Calle 10 et faire un grand soleil sur un magnifique ciel bleu sur la Calle 58. Mais franchement, un peu pluie ne fait pas de mal.. surtout lorsque vous goûtez au 34 ressenti 40 !


Voici notre Itinéraire dans les États du Yucatan et celui du Quintana Roo.
(en rose ce que l'on a pu faire, en violet ce que nous aurions aimé faire aussi)


J'ai regroupé tout cela en plusieurs articles, liant toutes nos activités et découvertes dans chacun d'entres-eux, montrant ce que l'on peut y faire dans chaque ville citée et aux alentours..

Akumal, Petite Résidence Privée des Tortues, un Véritable Aquarium Sauvage et Animal de la Riviera Maya.





À notre arrivée à l'aéroport de Cancun, c'est une forte chaleur humide qui nous claque dans le corps à peine sorties dehors. Un million de mexicains nous alpagues pour des taxis, on décide de s'éloigner du passage central pour comprendre quel bus prendre etc, s'il y en a plusieurs, avec plusieurs prix. On fait plusieurs aller et retour, et c'est même incessant brouhaha dès que l'on passe dans le seul endroit et passage pour sortir de l'aéroport, les mecs vous suivent presque pour continuer à vous proposer leurs moyens de transports privés, que vous leur ayez dit non ou même pas répondu et que vous les fuyez..

Verdict : Un seul transport s'offre à vous si vous n'êtes pas pris en charge par des tours-operators : le bus ADO. Il vous faudra prendre un billet dans l'aéroport, de 190pesos, le guichet se trouve juste avant la sortie. Sinon, il y a les Taxis et les Navettes privées, eux bien plus chers.


Playa Del Carmen, notre point d'ancrage..


Playa Del Carmen est une station balnéaire moderne et nouvelle. C'est à dire qu'ici, vous avez à faire à une vraie ville, et non un village. Plus de choix oui, mais aussi donc plus de monde. Si vous pensez tranquillité et authenticité, ce n’est clairement pas l’endroit où il faut aller. Mais si vous voulez faire la fête, rencontrer des gens, à l'inverse, elle devient the place to be. Cela ressemble un peu à Ibiza, en moins pire et moins cher évidemment. Et il y a cette fameuse « 5ème avenue » parallèle à la plage, la Quinta Avenida, avec tous les commerces et restaurants possibles pour touristes (et j'insiste clairement sur le mot touristes). Cette avenue piétonne dessert une foule de restaurants, boutiques, centres-commerciaux, bars.. Si vous cherchez des plans pas chers pour manger et boire, je vous conseille vivement de fuir et de vous déplacer à quelques rues de l’avenue. Et bizarrement ici, aucun touriste.
Est-ce de la peur ?

Lorsque je suis arrivée à Playa Del Carmen, j'ai clairement été choquée. Ce n'était pas du tout ce que j'avais imaginé.. J'avais forgé une image de ville paradisiaque aux petits tipies sur la plage avec leurs feuilles de palmiers et aux maisonnettes colorées façon Mexico avec ses habitants se transportant à vélos le long des rues. Et où une grande allée centrale regorgeait de multiples restaurants et boutiques indies et artisanales de souvenirs. Bref, j'étais loin du compte. Les restaurants, eux, proposent des burgers et des tacos pour le côté mexicains (faudrait quand même faire un peu genre hein..) et les boutiques souvenirs, n'en parlons même pas, où l'on retrouve les mêmes objets d'une à l'autre, plus ridicules les uns que les autres.. et clairement pas de l'art artisanal. Playa est une ville où la sécurité est plus que renforcée, sûrement suite à l'attentat lors du festival BPM au club Blue Parrot, faisant 5 morts, qui demeure fermé depuis. Ou encore l'explosion sur le Ferry de la compagne Barcos Caribe qui a fait 25 blessés au mois de mars. En effet, de nombreux policiers sont placés à chaque intersections, jour et nuit, du centre de la ville. Une sécurité civile doublée d'un renforcement militaire. Il faut alors s'excentrer pour découvrir l'ancien Playa, comme je le nommerais, toujours urbanisé certes, aux airs américanisés à la Los Angeles, mais non pollué par une mode gratte-ciel, eiffel tower et Forever 21 si vous voyez l'genre..

Néanmoins, le soir, des petits bars sympas près de la Quinta Avenida, regorgent de différents groupes de musiciens acoustiques à écouter autour d'un cocktail, qui lance parfois ses spectateurs à s'élancer sur la piste pour danser.. Quant aux boutiques, elles ferment à 22h.



On s’attendait un peu à trouver le cadre suivant : une route le long de la Côte avec la mer, les palmiers et différents hôtels.. Pouvoir par exemple profiter des paysages caribéens en roulant ou en marchant le long du littoral. En réalité, de Cancun à Tulum, c’est une longue ligne droite au milieu de la végétation où on ne verras rien à part la route et de temps à autre, ces immenses hôtels de luxe sur plusieurs mètres qui attirent toute la masse touristique. Entre ? Des barbelés et des miradors qui appartiennent à ces nombreux hôtels, le tout supervisés par une multitudes de gardiens, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas d’intrusion dans le domaine. On était donc loin ici du cadre de rêve qu’on imaginait.. Sans parler de tout ces mille et un Parcs à thème, entre (quitte à ne vraiment ne laisser plus aucune place hein), qui peuplent la forêt maya qui n'en ai presque plus une.. Tout est fait ici pour forcer à la consommation, vous l'aurez compris, le tout très bien Américanisé.. Les trois quart des plages de la Riviera Maya sont donc privatisées par ces hébergements haut de gamme, où tout le front de mer et les rues environnantes ne sont devenues qu'un énorme business, avec des hôtels de luxe et où toutes les chaînes de magasins bien connues des américains et européens se succèdent. Encore une fois, on a du mal à comprendre pourquoi des gens viennent dépenser des sommes astronomiques et faire des milliers de kilomètres, juste pour retrouver leurs très chers centres-commerciaux, leurs mêmes bars lounges et leurs mêmes cocktails insipides.


Les Algues Sargasses..

Les pays et territoires qui entourent la mer des Caraïbes sont une nouvelle fois confrontés à une crise sévère qui menace autant l’économie et l’environnement que la santé des populations locales. En effet, de la Riviera Maya mexicaine à la Martinique, en passant par Cuba et la République Dominicaine, ce sont des milliers de kilomètres de plage qui se retrouvent envahis par des échouages quotidiens et massifs d’algues brunes. Jour après jour, des quantités considérables d’algues sargasses s’accumulent sur les plages. Une barrière brune imposante et vraiment odorante sépare désormais le blanc immaculé du sable du bleu turquoise de l’océan..

Les sargasses sont des algues flottantes qui atteignent les côtes de nombreux pays par intermittence et en quantités variables. Aucune date précise n’est connue pour l’arrêt de ce phénomène mais on estime qu’à partir du mois d’octobre la situation devrait s’atténuer. 

Les hôtels et administrations publiques font activement le nettoyage des plages pour éviter cette situation. De plus, selon les derniers communiqués officiels, ces actions seront complétées par l’installation en mer de barrières de protection anti-sargasses, ce qui empêchera l’arrivée d’algues en grande quantité sur la côte.

La crise représente donc une menace réelle pour toute la Caraïbe, dont l’économie est constituée essentiellement des revenus du tourisme. C’est la raison pour laquelle chaque matin, qu’ils soient à Playa Del Carmen, à Santa Lucia ou à Punta Cana, on assiste à un va-et-vient incessant d’ouvriers, plus ou moins bien équipés, attelés au ramassage des algues. Des moyens différents selon la richesse des pays concernés sont effectivement déployés, allant des machines de terrassement mises à disposition par l’État français sur les côtes de la Guadeloupe et de la Martinique à la simple fourche et à la brouette pour les 4000 travailleurs mexicains déployés pour l’occasion.
Une menace économique qui se double d’une menace écologique, puisque l’échouage massif des algues sur les côtes entraîne la mort de nombreuses espèces de poissons, causée par la formation de milieux carencés en dioxygène. L’impact sur l’écosystème a également des conséquences directes sur la reproduction des tortues, qui peinent à atteindre la plage pour pondre, et quand elles y parviennent, ce sont les petits qui sont empêchés par les algues de retourner à la mer.

Si ces accumulations de végétaux sur les plages du Sud semblent, pour les experts français, sans danger pour la santé des touristes, il en va autrement pour les populations locales en contact permanent avec les algues, et le rapport de l’ANSES confirme que l’exposition aux émanations d’algues sargasses en décomposition est toxique du fait des concentrations d’hydrogène sulfuré (H2S). Le document précise que ces émanations entraînent des symptômes d’irritation oculaire et respiratoire, des troubles neurologiques (maux de tête, perte d’équilibre, perte de mémoire), ainsi que des troubles cardiorespiratoires et cardiovasculaires pouvant conduire au décès.


Nous sommes allées à la plage trois fois, sur les Îles et à Akumal. Le reste du temps, on était en vadrouille. Il existe beaucoup d'échappatoires à ces affreuses algues qui sentent, pour le moins, vraiment très fort.. Ces deux États du Mexique concentrent en eux une multitude de cénotes paradisiaques aux décors tous différents, de lacs et lagons et de réserves naturelles où vous baigner, de forêts, de Ruines Maya et Toltèques ou encore de merveilleux petits villages à découvrir et visiter.. Notez que ces algues ont pris possessions des plages de Cancun à Tulum. Néanmoins quelques endroits sont parfois bien mieux lotis que d'autres, et n'ont pas d'algues dans l'eau ou peut être juste seulement un peu sur la plage. Il faut chercher et s'aventurer pour trouver.

Effectivement, dans le centre ville, vous pouvez quand même aussi trouver la tranquillité à Playa Del Carmen. Pour cela, d'immenses complexes, résidences et hôtels privés ont été construits dans le nord de Playa. Créant un quartier silencieux, loin des foules, où les rues sont alors vraiment paisibles et la vue à couper le souffle. Pullulant le long du littoral et tout particulièrement dans le quartier Zazil-Ha, côté mer. En septembre, les appartements sont vides. Tous se ressemblent, montés avec le même design et style, avec leurs piscines rooftop, chics et clinquants.. à la vue de la population pauvre qui y passent parfois, les regardant d'en bas, qui leur paraissent si lointain, si haut.. En fait, je me suis rendue compte que personne n'y vit, laissant des quartiers presque fantômes. S'en ai presque flippant. En observant depuis la piscine, je n'aperçois que des appartement meublés où le mobilier coïncide à chaque fenêtre que je vois, placé exactement aux mêmes endroits, tous laissant derrière eux des intérieurs vides et froids. Derrière ceci ? Des promoteurs et des propriétaires qui gardent bien au chaud leurs biens pour des Airbnb en masse, des locations saisonnières, pour des touristes de passage.

Notre ami ayant un second appartement dans le centre dans ce type de résidence privée et complexe chic - qui vous fournit salle de cinéma privée, salle de sport etc. et piscine rooftop - nous avons pu bien profiter du soleil et de baignade loin des algues..




Nous avons découvert un autre complexe, un Hôtel cinq étoiles, le KLR IT, dans le quartier Zazil-Ha, près de la mer. Comme expliqué ci-dessus, ce quartier regorge de splendides résidences, d'Hôtels étoilés et d'appartements majestueux. Le tout dans des ruelles silencieuses et douces, presque délicates. Ce n'est clairement pas le Mexique à proprement parlé, mais des quartiers à l'image des américains et d'où ils veulent passer leurs vacances..

NB; Ce n'est pas le cas de tout le quartier Zazil-Ha, mais à partir de la 10 Avenida Norte, entre la Calle 38 et la Calle 48.








Et le côté Local dans tout ça ?

Parler du Mexique en parlant d'hôtels de luxe ? Non, ce n'est pas du tout mon crédo. Juste après le quartier Zazil Ha se trouve le quartier Luis Donaldo Colosio, de la Calle 48 à la Calle 112. Notre ami nous a fait découvert la suite secrète de la 5ème Avenida Norte (la Calle Quinta Avenida), jamais explorée par la masse qui déambule sur celle-ci dans le centre, ayant sûrement trop peur de s'aventurer tout en s'assurant de ne pas être chamboulée par quelque chose qu'elle ne connait pas..

La Quinta Avenida, en effet, continue tout le long de Playa Del Carmen et de son quartier Luis Donaldo Colosio. Ici, dites adieu à la foule brouhahassante qui martèle les pavés et les criantes paroles des nombreux vendeurs qui vous oppressent. Locale et sauvage, elle offre un Playa Del Carmen beaucoup plus beau, là où les hôtels n'ont pas encore pris d'assaut le littoral. Après la Calle 112 sur la Calle Quinta Avenida, vous trouverez un accès à la plage où les locaux ont l'habitude de venir, donnant sur la Plage Punta Esmeralda. Avec son tout mignon petit Cénote qui se déverse dans la mer, offrant un mélange d'eau douce et d'eau salée et provoquant diverses tonalités qui donnent une très belle couleur à l’eau, cet endroit calme, reste incomparable à ceux près des zones Hôtelières du centre.





Pour déjeuner, nous avons aussi découvert La Chismosa, 103 Avenida Luis Donaldo Colosio, un charmant petit restaurant qui ne paye pas de mine de l'extérieur mais où l'on y mange vraiment bien, dans une ambiance simple et colorée. Parmi nous ? Aucun touriste, pas même dans tout le quartier d'ailleurs..

Nous avons pris des Huaraches Pastor pour 48pesos. Cette viande cuite à la broche n'est pas du kebab, mais du Pastor. Si le mode de cuisson reste le même, la recette mexicaine diffère quelque peu de sa cousine méditerranéenne. On la prépare non pas avec de la viande d'agneau ou de veau, mais avec du porc, mariné dans une préparation à base de rocou et d'épices. La viande est ensuite émincée, puis servie avec des petites tortillas de maïs, de l'ananas, des oignons hachés (cebola picado), du fromage rapé (queso rayado) et de la sauce verte (salsa verde). Ainsi que des Quesadillas Tinga de Pollo, des tortillas frites et pliées fourrées au fromage avec du poulet mariné dans de la sauce piquante, elles, pour 30pesos.


Plusieurs autres jolis petits restaurants locaux co-existent un peu partout, pour cela il faut s'aventurer dans les multiples rues aux alentours du centre de Playa Del Carmen, comme sur l'Avenida Benito Juáres ou encore sur la Constituyentes.


Pour finir cet article, je finirais sur des images qui donne un air un peu vintage, pour oublier le Playa qui perd d'année en année son charme, à force de trop de tourisme qui est majoritairement, et malheureusement, très loin de chercher l'authenticité a proprement parlé.. Un jour, en sortant du Colectivo sur la Constituyentes, nous sommes tombées sur un défilé fêtant l'Indépendance du Mexique, du 16 Septembre 1810.

& pensez à faire un Esta si vous avez une correspondance aux Etats-Unis ;)




© Photographies Louise AVRIL
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